Accusé en France de crimes contre l’humanité, un Centrafricain libéré sous contrôle judiciaire

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Un ancien officier centrafricain, mis en examen à Paris pour torture et complicité de crimes contre l’humanité, a obtenu mercredi sa libération sous contrôle judiciaire, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a ordonné la libération et le placement d’Eric Danboy Bagale sous contrôle judiciaire, selon une source judiciaire.

Écroué depuis septembre 2020, l’homme, aujourd’hui âgé de 43 ans, a quitté la prison de Fresnes dans la nuit de mercredi à jeudi, a indiqué son avocate Me Marie-Alix Canu-Bernard.

Eric Danboy Bagale, qui vit en France depuis mai 2014, a été arrêté à Besançon et mis en examen le 18 septembre 2020.

La justice française soupçonne cet ex-officier qui a servi dans la garde présidentielle, devenu agent d’entretien depuis son arrivée dans l’Hexagone, de s’être livré à des actes de tortures sur des opposants politiques entre 2007 et mars 2013, date de sa fuite du pays pour suivre François Bozizé, ex-président de 2003 à 2013, renversé par un putsch.

Elle le suspecte aussi d’avoir été responsable de milices anti-balaka et donc complice de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité entre mars 2013 et mai 2014 en Centrafrique mais aussi au Cameroun, en Ethiopie, au Kenya et au Soudan du Sud.

Les milices anti-balakas, des groupes armés majoritairement chrétiens et animistes, ont été formées pour combattre les milices de la Séléka, une alliance de rebelles issus du nord du pays à majorité musulmane, qui ont chassé François Bozizé du pouvoir en 2013. Ce dernier a été placé en 2014 sous sanctions par les Nations unies pour avoir organisé une contre-insurrection sanglante depuis son exil à l’aide de ces milices.

S’il reconnaît bien avoir été proche de Bozizé, dont il est un cousin, et avoir participé au coup d’État en 2003 ayant mené ce dernier au pouvoir, Éric Danboy Bagale clame son innocence pour les faits qui lui sont reprochés par la justice française.

« La cour d’appel de Paris a tiré les conséquences du caractère hasardeux et confus d’une telle procédure », a commenté auprès de l’AFP Me Canu-Bernard. « On ne peut que s’interroger sur les raisons de son ouverture en France, alors même que tant la Cour pénale spéciale que la Cour pénale internationale sont saisies de ces faits, sans avoir jamais mis en cause Monsieur Danboy qui pour autant s’est vu reprocher des faits d’une gravité exceptionnelle et a fait 16 mois de détention à Fresnes ! »