07.05.08 - TPIR/GOUVERNEMENT II - DISPARITION D'UN TEMOIN PRET A RECONNAITRE UN FAUX TEMOIGNAGE

Arusha, 7 mai 2008 (FH) - Un témoin qui souhaitait comparaitre de nouveau devant une chambre du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) pour confesser un faux témoignage a disparu mardi quelques heures avant sa comparution devant la chambre, apprend-on à Arusha de plusieurs sources.
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Une enquête des services de sécurité du tribunal a aussitôt été ordonnée afin de comprendre comment cet homme, surnommé GFA afin d’assurer sa sécurité, a pu disparaître d’une maison sécurisée où il avait été hébergé sous la garde de policiers tanzaniens supervisés par la sécurité des Nations Unies.

GFA était venu témoigner pour l’accusation dans plusieurs procès en cours au TPIR dont le procès gouvernement II. Au cours des derniers mois, il a contacté l’équipe de défense de Jérome Bicamumpaka, l’un des accusés de Gouvernement II pour expliquer que ses accusations lancées contre Bicamumpaka avaient été motivées par le souhait d’être libéré de prison au Rwanda. La chambre avait autorisé l’équipe de défense à le rencontrer en présence d’un membre de l’équipe du procureur. Cette rencontre avait eu lieu à Nairobi.

Arrivé à Arusha pour son nouveau témoignage, GFA avait été mis en garde par la chambre sur les risques judiciaire d’un faux témoignage. Il avait demandé alors à surseoir à sa déclaration et avait sollicité une nouvelle rencontre avec les avocats. Celle-ci avait eu lieu et sa déposition avait été prévue mardi. En début d’après midi sa disparition ayant été constatée, une équipe du service de protection des témoins est venue témoigner de ses efforts le retrouver, après avoir demandé le huis clos pour des raisons inexpliquées.

Cette disparition a créé un certain émoi au sein du tribunal où les accusations de faux témoignages, régulières depuis le début du tribunal, se sont multipliées depuis plusieurs mois. De nombreux membres du tribunal, parlant sous l’anonymat, ont surtout fait part de leur surprise qu'un témoin accueilli dans une maison dite « sécurisée » ait pu en sortir. Ces maisons où sont hébergés les témoins sont des villas ordinaires louées par le TPIR dans la ville d’Arusha et souvent ceintes de hauts murs. Les témoins refusent parfois d’y dormir alors que le TPIR, qui a entendu plus de 2000 témoins depuis sa première audience en janvier 1997, préfère les y préserver de toute influence extérieure.

PB/GF
© Agence Hirondelle