29.09.08 - RWANDA/KENYA - UNE PARLEMENTAIRE KENYANE IMPRESSIONNEE PAR LES JURIDICTIONS GACACAS

Arusha, 29 septembre 2008 (FH) - Une parlementaire kényane, Catherine Kemura, a fait l'éloge des juridictions semi-traditionnelles rwandaises gacacas (prononcer gatchatcha) après avoir assisté dimanche, en compagnie d'autres membre du parlement de la Communauté d'Afrique de l'est (EAC), à une audience dans un quartier de Kigali.
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Mme Kemura a estimé dans un entretien avec l'agence Hirondelle que le Kenya pourrait s'inspirer de ces tribunaux rwandais pour vider le contentieux lié aux violences intertribales consécutives à l'élection présidentielle de 2007.

«La vérité qui filtre du face à face entre l'accusé et la victime dans l'environnement même ou le crime a été commis, la rapidité avec laquelle les jugements sont rendus, autant de leçons qui peuvent nous servir au Kenya pour juger les auteurs des massacres post-électoraux de 2007 », a indiqué Catherine Kemura.

Ces parlementaires de l'EAC ont reçu des explications sur le système de protection des victimes et témoins du génocide, les cas de refus de témoigner ou de parjure devant les gacacas.

« Les organes de sécurité y veillent et aucun cas d'insécurité n'a jusqu'ici été signalé (dans le quartier) (...) la loi punit les cas de parjure et les personnes qui refusent de témoigner », leur a expliqué le président de la juridiction de Nyakabanda, Benoît Ngarambe.

Commentant le procès du jour, ces législateurs se sont étonnés de ce que l'accusé, Grégoire Nyirimanzi, ex-conseiller du secteur Nyakabanda, n'ait pas demandé pardon malgré des témoignages accablants. Ils ont en revanche apprécié la participation de la population aux débats et la sérénité avec laquelle les rescapés revivent, lors des procès, le génocide de 1994.

La Communauté d'Afrique de l'est comprend le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi.

SRE/ER/GF

© Agence Hirondelle