03.11.08 - RWANDA/FRANCE - ARRESTATION A MAYOTTE D'UN RWANDAIS RECHERCHE POUR GENOCIDE

Arusha, 3 novembre 2008 (FH) - Pascal Simbikangwa, un Rwandais recherché pour sa participation présumée au génocide de 1994, a été arrêté pour d'autres crimes mardi dernier sur l'île française de Mayotte, dans l'océan Indien, déféré vendredi devant un juge et placé lundi sous verrou extraditionnel, a annoncé l'Agence France presse (AFP), citant une source judiciaire.
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Pascal Simbikangwa a été interpellé dans une affaire de faux-papiers. L''enquête a permis de découvrir qu'il était l'objet d'un objet d'un mandat d'arrêt international pour génocide, complicité et conspiration de génocide, ainsi que pour crime organisé.

Simbikangwa, qui avait grade de capitaine au Rwanda quand il travaillait pour les services de sécurité de la présidence, est paralysé des deux jambes. Il avait été affublé du surnom de "chaise roulante". Cadre subalterne, il n'a jamais été mis en accusation par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), a-t-on appris lundi de source officieuse à Arusha.

A la fin de la semaine dernière il a été déféré devant un juge d'instruction dans le cadre d'un procédure pour "faux-papiers et aide au séjour irrégulier en bande organisée," a précisé, selon l'AFP, Marc Brisset-Foucault, procureur de la République à Mayotte. "Le ministre de la Justice va envoyer, en me demandant de l'exécuter, la demande d'extradition qui a été adressée par les autorités rwandaises au gouvernement français", a ajouté le magistrat.

La demande d'extradition se déclenchera parallèlement à celle de faux-papiers, a-t-il précisé. Son jugement dans la procédure de faux-papiers, pour laquelle il encourt jusqu'à 10 ans de prison, est prévu le 10 novembre prochain.

Arrivé clandestinement à Mayotte en 2005, après cinq ans de séjour aux Comores, autre île française, Pascal Simbikangwa, trafiquait de faux papiers sous la fausse identité de Safari Sedinawara, a précisé Yvon Carratera, directeur de la Police aux Frontières de Mayotte.

"Au vu des deux identités (du suspect), nous avons pu contacter Interpol pour voir si cette personne était recherchée à un titre quelconque", a précisé le responsable policier, en soulignant que ses services n'avaient "aucune idée particulière des faits qui pouvaient lui être reprochés" au moment de son arrestation.

L'enquête a mis au jour l'existence depuis deux ans de deux ateliers de faux papiers à Mayotte. Les forces de l'ordre ont saisi des milliers de faux papiers, passeports, cartes d'identité, fausses cartes professionnelles de gendarmes et tampons. Les faussaires ont vendu des faux papiers à 3.000 personnes au prix de 100 euros pièce.

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