Sans information, pas de réconciliation

Prisons syriennes: précédentes accusations de tortures et exécutions

Prisons syriennes: précédentes accusations de tortures et exécutions©DRDamas
1 min 53Temps de lecture approximatif

Le régime syrien, accusé par Amnesty International de pendaisons à large échelle, a déjà été mis en cause pour de multiples cas de tortures et exécutions sommaires dans les prisons ou sièges des services de renseignement.

Amnesty International accuse le régime d'avoir pendu quelque 13.000 personnes entre 2011 et 2015, dans la prison de Saydnaya près de Damas. Elle précise que ces pendaisons s'ajoutent aux 17.700 personnes tuées dans les geôles du régime que l'organisation avait déjà recensées.

- 'Archipel de la torture' -

Le 3 juillet 2012, Human Rights Watch (HRW) établit un état des lieux de ce que l'organisation basée à New York qualifie d'"archipel de la torture" en Syrie, où des dizaines de milliers de personnes sont détenus et maltraitées.

L'ONG dénonce notamment "le recours à l'électricité", "les agressions et humiliations sexuelles", "l'arrachage des ongles" et "les simulacres d'exécutions".

Elle affirme avoir eu plus de 200 entretiens avec d'ex-prisonniers ainsi que des militaires et des membres de la sécurité d'Etat ayant fait défection grâce auxquels elle a appris qu'il existait 27 centres de détention gérés par quatre des principales agences de renseignement connues sous le nom de "moukhabarat". Et ce en plus de bases militaires, stades, écoles et hôpitaux utilisés aux mêmes fins.

Le 13 mars 2015, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) affirme que près de 13.000 Syriens sont morts depuis le début du conflit en mars 2011 sous la torture dans les prisons. Ce chiffre n'inclut pas les 20.000 personnes portées disparues dans les geôles du régime, selon l'ONG.

- Dossier 'César' -

En 2014, un ancien photographe de la police militaire syrienne, exfiltré sous le pseudonyme de "César", révèle des milliers de photographies de corps torturés et suppliciés dans les prisons du régime entre 2011 et 2013. Il s'était enfui de Syrie à l'été 2013, en emportant 55.000 photographies effroyables.

Le 15 septembre 2015, le parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire contre X pour "crimes contre l'humanité", en s'appuyant sur son témoignage.

- 'Extermination' -

Le 8 février 2016, des enquêteurs de l'ONU affirment que "le caractère massif des morts de détenus suggère que le gouvernement syrien est responsable d'actes qui relèvent de l'extermination et sont assimilables à un crime contre l'humanité".

Ces morts sont le résultat d'"une politique d'Etat ayant pour but de s'en prendre à la population civile".

- 'Abattoir humain' -

Le 18 août 2016, Amnesty International évalue à 17.700 le nombre de personnes mortes dans les geôles du régime depuis le début du conflit, dénonçant "une cruauté sous sa forme la plus vile".

Electrocutions, brûlures à l'eau bouillante, viols: le régime a eu recours sur une "grande échelle" à la torture dans ses prisons, souligne l'ONG. Ces actes de torture y sont "généralisés et systématiques contre tous les civils soupçonnés d'être contre le régime", ajoute-t-elle.

Partager
Abonnez-vous à la newsletter