Sans information, pas de réconciliation

Avant la Ghouta, d'autres enclaves assiégées par le régime en Syrie

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Avant la Ghouta orientale, cible d'une intense campagne aérienne depuis début février, plusieurs zones rebelles ont été écrasées par des bombardements et un siège asphyxiant imposé par le régime syrien pour forcer les insurgés à déposer les armes et les civils à fuir.

- Homs -

La vieille ville de Homs a connu à partir de 2012 un siège de deux ans, et des bombardements et combats qui ont dévasté ce secteur historique.

Homs a été une des premières villes à s'être soulevées au début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad à la mi-mars 2011 et a été, ainsi que sa région, la cible de nombreuses opérations de l'armée.

En mai 2014, la plupart des rebelles sont chassés de la ville à la faveur d'un accord, après deux ans de bombardements intenses et d'un siège asphyxiant imposé par les troupes gouvernementales. Il s'agit du premier accord entre régime et rebelles pour le retrait d'insurgés depuis le début de la guerre.

Durant les deux ans de siège, près de 2.200 personnes sont mortes dans la vieille ville, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Dans le centre historique, totalement en ruines, les irréductibles n'avaient quasiment plus rien à manger, se nourrissant souvent d'herbes et de quelques aliments séchés.

Entre mars et mai 2017, des milliers de rebelles et de civils quittent Waer, le dernier quartier de la troisième ville du pays contrôlé par les insurgés.

- Alep -

Le 1er février 2016, les forces du régime, soutenues par des combattants du Hezbollah et des bombardiers russes, lancent une offensive dans la province d'Alep (nord).

En juillet, les forces du régime coupent le dernier axe d'approvisionnement des rebelles, la route du Castello. Ils assiègent totalement leurs quartiers où les habitants sont confrontés à de nombreuses pénuries et à une flambée des prix.

Le 15 novembre, après un mois d'accalmie, la campagne de frappes est relancée: les quartiers rebelles subissent les bombardements les plus violents depuis deux ans, à coups de barils d'explosifs, d'obus et de roquettes. Les Occidentaux évoquent des "crimes de guerre" commis par la Russie et le régime.

Cette opération permet à Damas de reprendre un à un les quartiers insurgés.

Le 22 décembre, après la sortie du dernier convoi de rebelles et de civils d'Alep-Est, le régime annonce avoir repris le contrôle total d'Alep.

- 'Partir ou mourir' -

La ville de Daraya, dans la province de Damas, a été l'une des premières à s'être soulevées contre le régime. Elle a été reprise totalement fin août 2016 par l'armée syrienne après l'évacuation de milliers de rebelles et de civils soumis pendant quatre ans à un siège impitoyable et à des bombardements incessants.

En 2017, le régime reprend la région de Wadi Barada, près de Damas, qui lui échappait depuis 2012, puis plusieurs quartiers rebelles de la capitale (Barzé, Qaboun et Techrine). Plusieurs milliers de civils et de combattants se dirigent vers la province d'Idleb (nord-ouest) aux mains d'une coalition de groupes dominés par l'ex-branche d'Al-Qaïda.

Ces derniers mois, le régime a repris plusieurs localités rebelles des environs de Damas, en vertu d'accords dits de "réconciliation", qui se traduisent par l'évacuation des combattants en échange de la fin des bombardements et sièges.

Dans un rapport intitulé "Partir ou mourir", Amnesty International a estimé que les déplacements forcés de populations au titre des accords dits de "réconciliation" s'apparentaient à un crime contre l'humanité.

"Le gouvernement syrien et, dans une moindre mesure, les groupes armés d'opposition ont illégalement assiégé des civils" et "mené des attaques illégales contre des zones à forte densité de population", écrivait Amnesty.

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