Côte d’Ivoire: de la crise sanglante au procès Gbagbo

Côte d’Ivoire: de la crise sanglante au procès Gbagbo©Clara SanchizLe siège du FPI
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Rappel des dates-clés depuis le refus de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, dont le procès s’ouvre jeudi à La Haye devant la Cour pénale internationale, de reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara.

– 2010: DÉBUT DE LA CRISE POST-ÉLECTORALE –

Le 28 novembre, le second tour de la présidentielle, reportée six fois depuis 2005, oppose le président sortant Laurent Gbagbo à son rival Alassane Ouattara.

Le 3 décembre, le pays se retrouve avec deux présidents, le Conseil constitutionnel ayant proclamé la victoire de Gbagbo, et la commission électorale celle de Ouattara. Le secrétaire général de l’ONU reconnaît la victoire de Ouattara. Union européenne, France et Etats-Unis félicitent Ouattara et demandent à Gbagbo de s’incliner.

Le lendemain, Gbagbo est investi chef de l’Etat et Ouattara prête serment « en qualité de président ».

Le 7 décembre, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) suspend la Côte d’Ivoire et demande à Gbagbo de « rendre le pouvoir », suivie par l’Union africaine.

Laurent Gbagbo s’installe au palais présidentiel. Les partisans de Ouattara et des membres du gouvernement de son Premier ministre et chef de l’ex-rébellion, Guillaume Soro, se retranchent dans l’hôtel du Golf à Abidjan, soumis à un blocus.

– 2011: GBAGBO ARRÊTÉ – OUATTARA INVESTI –

Le 28 mars, après quatre mois de tension, de violences et de médiations sans succès, les forces pro-Ouattara lancent une offensive, prenant en quatre jours le contrôle de quasiment tout le pays.

Le 11 avril, Laurent Gbagbo est arrêté par les Forces républicaines (FRCI) de Ouattara à l’issue d’une guerre de dix jours dans la capitale et plusieurs jours de bombardements de la force française Licorne et de l’ONU.

Plus de 3.000 personnes ont été tuées lors de cette crise.

Selon l’ONU et plusieurs organisations internationales, la prise fin mars par les combattants pro-Ouattara de Duékoué, dans l’Ouest, s’est accompagnée de massacres à grande échelle.

Le 21 mai, Alassane Ouattara est investi devant une vingtaine de chefs d’Etat africains et le président français Nicolas Sarkozy.

– 2011: GBAGBO TRANSFÉRÉ A LA CPI –

Le 30 novembre, Laurent Gbagbo est transféré et incarcéré au centre de détention de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. En mars 2014, Charles Blé Goudé, un proche de Gbagbo, rejoint son mentor au quartier pénitentiaire de la CPI.

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont accusés de crimes contre l’humanité lors de la crise postélectorale.

– 2014: COMMISSION VÉRITÉ ET RÉCONCILIATION –

Du 8 au 30 septembre, la Commission dialogue, vérité et réconciliation organise des audiences publiques de victimes et bourreaux des crises politico-militaires (2000-2011), mais elle est critiquée pour son manque de résultats.

– 2015: SIMONE GBAGBO CONDAMNÉE –

Le 10 mars, l’ex-Première dame Simone Gbagbo est condamnée par un tribunal d’Abidjan à 20 ans de prison pour son rôle durant la crise post-électorale. Au total 79 personnes étaient jugées.

– 2016: PROCÈS DE LAURENT GBAGBO ET BLÉ GOUDÉ –

Le procès de Laurent Gbagbo et de son ex-chef de milice Charles Blé Goudé s’ouvre le 28 janvier à La Haye, les juges de la CPI l’ayant déclaré en novembre « physiquement et mentalement » apte à y participer.

L’ex-président est accusé d’avoir fomenté une campagne de violences pour tenter, en vain, de conserver le pouvoir. Charles Blé Goudé aurait été à la tête d’hommes ayant tué et violé des centaines de personnes, selon l’accusation.