Les points de l’acte d’accusation contre Radovan Karadzic

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L’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, dont le jugement doit être prononcé jeudi par le TPIY, est accusé d’avoir tenté de « chasser à jamais les Musulmans et Croates de Bosnie des territoires revendiqués par les Serbes de Bosnie ».

En tant qu’autorité « civile et militaire suprême des Serbes de Bosnie », Radovan Karadzic, 70 ans, est inculpé de onze chefs d’accusations de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour son rôle dans la guerre, qui a fait 100.000 morts entre 1992 et 1995.

Selon le procureur, l’accusé « a agi de concert » avec l’ex-président yougoslave Slobodan Milosevic, mort en 2006 à La Haye avant la fin de son procès devant le TPIY, et l’ex-chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, dont le procès est en cours.

1. GENOCIDE

Entre mars et décembre 1992, Radovan Karadzic aurait commis, planifié, incité à commettre et/ou encouragé un génocide contre les Musulmans et Croates de Bosnie dans un certain nombre de municipalités du pays.

2. GENOCIDE

En juillet 1995, il aurait mis en place un plan pour « détruire » les Musulmans réunis dans l’enclave de Srebrenica, protégée par les Nations unies. Les forces armées des Serbes de Bosnie attaquent alors l’enclave et tuent dans les jours qui suivent, près de 8.000 hommes et garçons dans ce qui est considéré comme le plus grand massacre en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

3. PERSECUTIONS

Dans le cadre d’une « vaste campagne » visant à chasser les Musulmans ou Croates, Radovan Karadzic aurait commis des persécutions (pillages, meurtres, tortures, viols, travail forcé…) pour des raisons religieuses ou politiques dans 19 municipalités du pays, à partir de mars 1992 et jusqu’en novembre 1995.

Dans des camps de détention, les Serbes de Bosnie ont infligé, sur ses ordres, des « sévices » aux détenus qui y vivaient dans des « conditions d’existence inhumaines ».

4. EXTERMINATIONS

Selon le procureur, Radovan Karadzic a voulu exterminer les Musulmans et Croates de Bosnie, via des meurtres et des exécutions pendant la prise de contrôle de territoires, dans les centres de détention, à Srebrenica et à Sarajevo, dont le siège dura 44 mois et coûta la vie à 10.000 personnes.

5. ASSASSINATS (crimes contre l’humanité)

Radovan Karadzic savait que des assassinats « étaient une conséquence possible de la mise en oeuvre de l’objectif visant à chasser à jamais les Musulmans et les Croates de Bosnie des territoires revendiqués », selon l’accusation.

6. MEURTRES (crimes de guerre)

Pendant la prise de contrôle de plusieurs municipalités, des meurtres de civils ont été commis par les Serbes de Bosnie, en violation des lois et des coutumes de la guerre.

7. EXPULSIONS

Afin de chasser les Musulmans et Croates de Bosnie des zones revendiquées par les Serbes, Radovan Karadzic aurait procédé à des expulsions et à des transferts forcés de population, notamment à l’aide de viols, tortures, harcèlement, destructions de monuments culturels…

8. ACTES INHUMAINS

Un grand nombre de la population s’étant réfugiée dans les « zones de sécurité » déclarées par l’ONU, Radovan Karadzic aurait imposé de fortes restrictions sur l’acheminement d’aide humanitaire et pris pour cible des objectifs civils, dans le but « de rendre insupportable la vie des habitants de l’enclave et de les en chasser ».

9. TERRORISATION

M. Karadzic est accusé d’avoir répandu la terreur parmi la population civile, notamment pendant le siège de Sarajevo. « Les civils ont été la cible de tirs isolés et de bombardements (…) alors qu’ils vaquaient à leurs occupations quotidiennes », assure le procureur.

10. ATTAQUES ILLEGALES

Pendant ce siège, M. Karadzic est accusé d’avoir attaqué des civils, en violation des lois et coutumes de la guerre. Ces attaques étaient « indiscriminées et excessives ».

11. PRISE D’OTAGE

Radovan Karadzic est accusé de la prise d’otage de plus de 200 Casques bleus et observateurs des Nations unies en mai-juin 1995 par les Serbes de Bosnie, qui espéraient ainsi « contraindre l’Otan à renoncer aux frappes aériennes ».