Ethiopie: le chef de la diplomatie de l’UE dénonce les crimes commis au Tigré

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Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a dénoncé vendredi les crimes commis dans la région du Tigré en Ethiopie, où l’armée fédérale mène des opérations, et a réclamé aux dirigeants éthiopiens un accès humanitaire pour débloquer l’aide de l’UE.

« Ce qui a commencé il y a deux mois comme une affaire interne entre une région autonome et le gouvernement fédéral est devenu un combat qui touche toute la région », a déploré l’Espagnol Josep Borrell dans un billet publié sur son blog institutionnel.

« La situation sur le terrain va bien au-delà d’une opération purement interne de +maintien de l’ordre+. Nous recevons des rapports réguliers faisant état de violences à caractère ethnique, de meurtres, de pillages massifs, de viols, de retours forcés de réfugiés et d’éventuels crimes de guerre », a-t-il accusé.

« La situation est désespérée pour la population locale et le conflit est une dynamique troublante tant en Éthiopie que dans toute la région », a-t-il averti.

« J’ai transmis un message clair aux dirigeants éthiopiens: nous sommes prêts à apporter notre aide, mais si les opérateurs d’aide humanitaire n’ont pas accès à la région, l’UE ne pourra pas verser l’aide budgétaire prévue au gouvernement éthiopien », a-t-il expliqué.

« Nous n’avons pas d’autre choix que de reporter le décaissement prévu de 88 millions d’euros d’aide budgétaire », a-t-il insisté.

Plus de deux millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays. Et bien que les populations aient un besoin urgent d’aide, l’accès à la région touchée reste limité, ce qui rend très difficile l’acheminement de l’aide humanitaire, a souligné le chef de la diplomatie européenne.

« Il y a un peu plus d’un an, en octobre 2019, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a reçu le prix Nobel de la paix », a rappelé Josep Borrell.

« Aujourd’hui, le monde a besoin que le Premier ministre éthiopien et son gouvernement soient à la hauteur de cette prestigieuse reconnaissance – en faisant tout ce qu’il faut pour mettre fin au conflit », a-t-il conclu.

Le Premier ministre éthiopien a envoyé le 4 novembre l’armée fédérale contre les autorités de la région du Tigré, qui défiaient son autorité depuis plusieurs mois.

Il a annoncé le 28 novembre la fin des hostilités avec la prise de la capitale régionale, Mekele, mais l’ONU a encore récemment fait état de « combats localisés et de la poursuite de l’insécurité » dans plusieurs zones de la région.