L’EX VICE-PRESIDENTE DU PARLEMENT DU PARTI UNIQUE LIBEREE PROVISOIREMENT

Kigali, 7 février 99 (FH) - Trente-cinq prisonniers accusés de génocide ont été libérés ce week-end de la prison de Byumba, au nord-est du Rwanda. Vingt-huit d'entre eux sont sans un dossier judiciaire qui contiendrait des éléments à leur charge.

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Les sept autres souffrent de maladies incurables, et parmi ces derniers, deux sont hospitalisés.

Parmi les personnes libérée car elles sont sans dossier figure Madame Immaculée Nyirabizeyimana, l’ancienne vice-présidente du Conseil National de Développement, CND, qui était à l’origine le parlement du parti unique, le MRND, Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement. Le MRND était devenu, sous le multipartisme né en 1991, le Mouvement Républicain National pour le Développement et la Démocratie, mais tout en gardant le même sigle MRND.

Le 9 avril 1994, Immaculée Nyirabizeyimana avait présidé les cérémonies d’investiture du gouvernement intérimaire, qui avaient vu le président du CND, Théodore Sindukubwabo, succéder au général Juvénal Habyarimana. Le président Habyarimana avait été tué trois jours plus tôt dans un attentat contre son avion. Sa mort avait déclenché le génocide des Tutsis et les massacres des Hutus modérés.

Immaculée Nyirabizeyimana était rentrée des camps de réfugiés de l’est de l’ex-Zaïre lors du rapatriement massif des réfugiés hutus en 1996. Aussitôt arrivée au Rwanda, elle avait été arrêtée. Elle est originaire de Byumba.

Mme Immaculée Nyirabizeyimana figure parmi 1946 personnes dont le procureur général près la Cour Suprême du Rwanda, Siméon Rwagasore, a publié les noms au Journal Officiel le 1er septembre 1996 comme faisant partie de la première catégorie des « génocidaires ». Tout comme l’ancien secrétaire général du MRND-parti unique, Bonaventure Habimana, arrêté en décembre dernier et détenu actuellement à la prison de Rilima, à 50 km au sud-est de Kigali. Bonaventure Habimana était rentré quelques mois plus tôt de Nairobi au Kenya, où il avait trouvé asile en 1994.

Selon le procureur de la République à Byumba, M. Tigrius, « les trente-cinq prisonniers ont été libérés provisoirement. S’il y a un quelconque élément de preuve de leur éventuelle implication dans le génocide, ils seront à nouveau arrêtés ». Comme l’a décidé le Gouvernement l’année dernière, dix mille prisonniers sans dossier ou malades chroniques doivent être libérés. 130’000 personnes, accusées de génocide pour plus de 90% d’entre elles, sont détenues dans les prisons rwandaises, selon les chiffres officiels.

WK/PHD/FH ((RW&0207A)