04.07.07 - TPIR/RENZAHO - L’EX-PREFET RENZAHO NE CONTROLAIT PAS LES BARRIERES, SELON SA DEFENSE

  Arusha, 4 juillet 2007 (FH)-La défense d’un ex-préfet poursuivi pour génocide a tenté de démontrer mercredi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) que l’accusé n’exerçait aucun contrôle sur les barrières sur lesquels de nombreux Tutsis ont été tués en 1994.  
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Préfet de la ville de Kigali d’octobre 1990 à juillet 1994, le colonel Tharcisse Renzaho, qui plaide non coupable, est en procès depuis le 8 janvier dernier. Les débats arrivent au stade de la présentation des témoins à décharge.   Le témoin entendu mercredi est un ancien officier rwandais qui a déclaré qu’à partir de fin 1993 il était  notamment en charge de la « perquisition » des véhicules à la recherche des armes qui circulaient illégalement.   Il a indiqué que son unité, qui collaborait étroitement avec les casques bleus, avait érigé deux barrières à l’entrée de la ville de Kigali.   Le témoin a affirmé qu’après l’attentat du 6 avril 1994, les barrières se sont multipliées principalement à l’initiative de la population civile.   Après le 6 avril, la ville de Kigali est devenue « un front actif », a souligné le témoin qui a affirmé avoir été dès lors affecté à d’autres tâches incluant la protection d’un camp de gendarmerie et l’escorte de réfugiés.   Le procureur accuse Renzaho d’avoir ordonné aux militaires, aux gendarmes, aux miliciens, aux citoyens locaux et aux militaires démobilisés d’ériger des barrages routiers dans plusieurs endroits de la ville pour identifier et tuer les Tutsis   « A ma connaissance, personne n’a donné l’ordre d’ériger des barrages », a affirmé le témoin. « Elles avaient été érigées par la population dans le cadre de son autodéfense pour contrer les infiltrations du FPR (rébellion) », a-t-il expliqué.   Le second objectif était, selon lui, d’alerter la population en cas d’avancée des rebelles pour qu’elle puisse prendre la fuite car « il était connu qu’à son passage, le FPR commettait des tueries ».   Le témoin  a rapporté que sur les barrières, il y avait « des jeunes, des hommes adultes d’une trentaine d’années mais aussi des badauds » et des militaires déserteurs.   Il a indiqué que des exactions étaient commises aux barrières  mais qu’en raison de la reprise de la guerre « les forces armées ne disposaient pas de personnel suffisant pour s’occuper de ces hors-la-loi. Elles étaient occupées avec l’ennemi».   Le témoin a reconnu qu’il y avait des armes de guerre aux différentes barrières mais a réfuté la thèse de l’accusation selon laquelle elles avaient été distribuées par les autorités, notamment le préfet de la ville.   « A mon avis, la préfecture ne disposait pas de stocks d’armes », a-t-il dit. Les armes détenues par les civils leur auraient été offertes par des amis militaires, rachetées à des déserteurs de l’armée ou obtenues auprès du FPR qui avait équipé ses infiltrés, a estimé le témoin. Renzaho a été arrêté en République démocratique du Congo (RDC) en septembre 2002.   AT/GF © Agence Hirondelle