08.10.07 - TPIR/GOUVERNEMENT II - BICAMUMPAKA RAPPELLE L’ISOLEMENT DU GOUVERNEMENT RWANDAIS

Arusha, 8 octobre 2007 (FH) -  Le témoignage de l’ancien ministre rwandais des affaires étrangères, Jérome Bicamumpaka, devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) rappelle à quel point le gouvernement rwandais était isolé lors du génocide de 1994. 
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  Depuis trois semaines Bicamumpaka, qui est jugé avec trois autres ministres du gouvernement en place lors du génocide de 1994, tente de démontrer lui-même qu’il n’est pas coupable de génocide ni de crimes contre l’humanité. Leur procès a commencé en novembre 2003. Les quatre ministres plaident non coupable.   Au risque de se desservir, l’ancien chef de la diplomatie rwandaise explique à la Cour que ce gouvernement intérimaire, mis en place après la chute de l’avion du président Habyarimana et l’assassinat systématique de toutes les personnes susceptibles de le remplacer constitutionnellement, fonctionnait normalement.   Documents dans une main et passeport dans l’autre, il raconte qu’il n’a fait que voyager pour tenter de faire admettre la légitimité de son gouvernement par les pays occidentaux. Mais à part la France et l’Allemagne, il semble avoir été rejeté par le reste du monde occidental et notamment par les anglo-saxons qui soutenaient le mouvement rebelle, le FPR.   De nombreux appels lancés auprès des Nations unies pour dénoncer l’agression dont son pays était victime depuis l’Ouganda sont restés lettres mortes, a-t-il expliqué. Malgré l’appui de la diplomatie française, il n’est arrivé à obtenir aucun rendez vous avec d’autres  représentants diplomatiques. De même, explique-t-il, les tentatives d’obtenir un cessez- le- feu avec le FPR sont restées sans réponse.   La principale pièce produite par Bicamumpaka est peut être son passeport qui démontre qu’il a dès sa nomination été envoyé à Bujumbura pour assister aux obsèques du président burundais, puis en RDC, en France, en Allemagne, aux Etats-Unis, avant d’aller au sommet de l’OUA à Tunis.   Partout le chef de la diplomatie rwandaise a vainement tenté d’établir des relations diplomatiques mais son gouvernement était déjà "infréquentable", et toutes ses demandes d’entrevue avec notamment des responsables américains ont été rejetées. Par contre, il fournit pour preuve un compte rendu du département d’Etat américain faisant état d’un échange téléphonique entre un responsable américain avec le colonel Theoneste Bagosora, accusé devant le TPIR d’avoir été le cerveau du génocide.   PB/AT/GF   © Agence Hirondelle