10.10.07 - BURUNDI/JUSTICE - LES BURUNDAISES VEULENT TENIR LEUR PLACE DANS LA JUSTICE DE TRANSITION

Bujumbura, 10 octobre 2007 (FH) -  Des représentantes de plusieurs associations pour la promotion de la femme au Burundi ont exprimé le souhait de voir les femmes représentées à 50% lors de la consultation populaire sur les mécanismes de justice transitionnelle qui sera lancée bientôt a travers le pays.
1 min 58Temps de lecture approximatif

  « Nous voulons une participation effective avec au moins 50% de femmes », a souligné la chargée des questions du genre et membre de l'unité « Justice de Transition » au Bureau intégré de l'ONU au Burundi (BINUB), Mme Marie Pascaline Menono.   « Sur le plan démographique, les femmes sont les plus nombreuses, sur le plan de la souffrance, ce sont elles les plus nombreuses également », a-t-elle expliqué.   Mme Manono a invité les femmes burundaises à s'imprégner davantage des théories relatives à la justice transitionnelle et à revendiquer leur « espace de parole » afin qu'il n'y ait pas quelqu'un d'autre qui prenne des décisions à leur place.   « Moins tu parles, moins tu vaux », a averti la responsable onusienne, conseillant de ne pas tomber dans le « piège du grand H [homme] ».  Selon elle, les représentantes des femmes auront une grande responsabilité pour mobiliser leurs collègues à la base et les encadrer.   Interrogée par l'Agence Hirondelle, la chargée de projet à Global Rights,  Mme Jeannine Nahigombeye a indiqué que « rien n'a encore été tiré au clair ».  Global Rights est une ONG américaine qui suit de près l'évolution de la justice transitionnelle au Burundi. Elle a cependant rappelé que les représentants du gouvernement, de la société civile et même de l'ONU au Comité de pilotage du mécanisme sont tous secondés par des suppléants féminins.     Mme Imelda Nzirorera du Centre de promotion des droits de la personne humaine et de prévention du génocide estime quant à elle que si les femmes ont réussi « à forcer » leur présence aux négociations de paix d'Arusha (Tanzanie), elles réussiront le même pari au sein du mécanisme de justice post transition.     Signé en août 2000, l'Accord de paix d'Arusha prévoit deux mécanismes de justice transitionnelle: une Commission vérité réconciliation (CVR) et un Tribunal spécial (TS) qui auront la lourde responsabilité d'établir la vérité et mettre fin à l'impunité, mais surtout de réconcilier un peuple meurtri par plusieurs décennies de violences politiques et/ou ethniques.   GA/PB/GF    © Agence Hirondelle