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La semaine de la justice transitionnelle : Les défis des processus de paix

La semaine de la justice transitionnelle : Les défis des processus de paix©Indu NepalAu Népal, une femme montre la photo d'une personne disparue
2 min 48Temps de lecture approximatif

Semaine de nouveau contrastée pour la justice transitionnelle du Cambodge à la Haye en passant par le Soudan du Sud, la Bosnie ou le Népal.

Preuve ainsi que les formes de réconciliation nationale comme les modalités d’entropie déploient leurs différences.

Le Népal dix ans après la fin d’une cruelle guerre civile et donné parfois comme modèle continue à peiner sur le chemin de paix, écrit  Ram Kumar Bhandari, fondateur d’une association de défense des disparus et fils lui-même d’un disparu.  Selon lui, le processus est détourné par le système politique et castéiste dominant et n’est pas orienté vers les victimes. « La société civile, les commissions des droits humains et les autres instances ont défendu un processus de justice et de mémoire du passé au nom des victimes plutôt qu’avec elles soulignant et renforçant leur marginalisation », écrit Bhandari.

A l’autre bout du monde, la Bosnie-Herzégovine vingt ans après les accords de Dayton qui avaient mis fin à la guerre tente de donner voix, justice et réparations aux victimes notamment de crimes sexuels, explique dans une interview à JusticeInfo.net Adrijana Hanušić Bećirović, de Trial International, qui vient de publier un rapport « Compensating Survivors in Criminal Proceedings: Perspectives from the Field » . La conseillère juridique de cette ONG basée à Genève affirme : «  nous nous sommes aperçus que les compensations décidées par un tribunal avaient des fonctions positives ; elles reconnaissent le mal qui a été fait aux survivants ; elles réaffirment la condamnation par la société des crimes de guerre. Elles permettent d’empêcher la reproduction de ces crimes, elles outillent les victimes et enfin elles aident à construire la confiance dans le système juridique et permettent la réhabilitation personnelle ».

Cette foi ténue en la justice a été paradoxalement démontrée à la réunion des États parties de la Cour Pénale Internationale qui s’est tenue fin novembre à la Haye. Annoncée houleuse après le départ de trois pays africains parties du traité de Rome, cette conférence a permis de discuter ouvertement des grandeurs et décadences de la Cour. Stéphanie Maupas, correspondante de JusticeInfo.net  à la CPI, écrit : « la fronde d’une partie des Etats africains semble, au moins provisoirement, circonscrite. »

Finalement, cette réunion  a été l’occasion de débats riches et contrastés. Ainsi, JusticeInfo.net  cite l’ambassadeur du Ghana qui fustige : « les champions des droits de l’homme, ceux qui disposent d’un véto au Conseil de sécurité, des « privilégié, qui non seulement préservent leurs protégés, mais ont utilisé le droit international pour servir leur pouvoir hégémonique ».

Pour Sidiki Kaba, le président sénégalais de l’Assemblée des États parties, « le droit de véto n’est pas un privilège, mais une lourde responsabilité, il doit être encadré pour les crimes de masse ».

Question d’actualité au Soudan du Sud où une nouvelle fois, l’ONU pourtant alertée d’un risque de génocide s’est montrée incapable d’agir. Ephrem Rugiririza, rédacteur en chef adjoint de JusticeInfo.net en charge de l’Afrique écrit : « le Conseil de sécurité de l’ONU n’est pas parvenu à se mettre d’accord sur une action pour prévenir le pire. La proposition d’un embargo sur les armes, soutenue par Washington et ses alliés occidentaux, s’est heurtée à l’opposition de la Russie ».

Pourtant, le conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide, Adama Dieng  avait expliqué “ la semaine dernière, j’ai vu tous les signes indiquant que la haine ethnique et la prise pour cible de civils pourraient évoluer en génocide si rien n’est fait pour y mettre fin ».

Justice encore au Cambodge, où la condamnation à vie des deux plus hauts dirigeants khmers rouges encore vivants a été confirmée mercredi en appel. Nuon Chea, aujourd'hui âgé de 90 ans, et Khieu Samphan, 85 ans, avaient été condamnés à la prison à vie en août 2014 pour crimes contre l'humanité par ce tribunal mixte parrainé par l'ONU.

Enfin, espoir de réconciliation en Colombie où le gouvernement et les FARC ont conclu un accord de paix révisé après le rejet par référendum du premier agrément.

 

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