Sans information, pas de réconciliation

Les Occidentaux exhortent la Serbie et le Kosovo à reprendre le dialogue

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Plusieurs pays européens et les Etats-Unis ont exhorté mardi la Serbie et le Kosovo à reprendre "d'urgence" leur dialogue sous la houlette de l'Union européenne, afin de parvenir à un accord.

Belgrade ne reconnaît pas l'indépendance que son ancienne province méridionale a proclamée en 2008.

Les deux parties ont entamé en 2011 un dialogue avec la médiation de Bruxelles. Mais celui-ci, qui semblait s'être engagé sur une voie de reprise en 2018, après avoir connu des hauts et des bas, est à nouveau au point mort depuis des mois.

"Le statu quo empêche le Kosovo et la Serbie de faire des progrès sur la voie vers l'Union européenne et n'est simplement pas viable", peut-on lire dans un communiqué publié par l'ambassade des Etats-Unis au Kosovo, cosigné par la France, l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne.

"Nous appelons le Kosovo et la Serbie à reprendre d'urgence le dialogue (...) et demandons aux deux parties d'éviter des actions qui vont entraver un accord définitif", acceptable "par les deux parties", selon le même texte.

A peine repris l'été dernier, le dialogue avait tourné court après l'obstruction serbe en novembre à la candidature du Kosovo à Interpol. Le Kosovo a répliqué par l'introduction d'une taxe de 100% sur les produits importés de Serbie.

Les Occidentaux appellent les deux parties à "éliminer les obstacles" aux discussions. Ils demandent au Kosovo de suspendre la taxation des produits serbes et à la Serbie de mettre fin à "la campagne de non-reconnaissance contre le Kosovo".

La France et l'Allemagne ont essayé de faire relancer le dialogue en organisant en avril un sommet à Berlin. Les dirigeants des deux pays avaient alors accepté de reprendre les pourparlers, mais une nouvelle rencontre prévue en juillet à Paris n'a pas eu lieu, faute de progrès.

Cet appel des Occidentaux intervient dans un moment politique délicat pour le Kosovo, dont le Premier ministre Ramush Haradinaj a annoncé le 19 juillet sa démission, après avoir été convoqué par un tribunal spécial international à la Haye, qui le soupçonne de crimes de guerre.

Le gouvernement kosovar gère pour l'instant les affaires courantes. Les élections législatives anticipée pourraient avoir lieu à l'automne.

En visite à la mi-juillet à Belgrade, le président français Emmanuel Macron a promis de tout faire pour oeuvrer à un compromis entre la Serbie et le Kosovo, et trouver "une solution globale et pérenne".

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