Sans information, pas de réconciliation

Drogue/Philippines: la vice-présidente veut mettre fin aux tueries "absurdes"

1 min 38Temps de lecture approximatif

L'opposante nommée par le président philippin Rodrigo Duterte pour codiriger sa guerre meurtrière contre la drogue a appelé vendredi à mettre fin aux tueries "absurdes" de trafiquants et consommateurs présumés.

La cheffe de l'opposition Leni Robredo, également vice-présidente des Philippines (ce poste est pourvu lors d'une élection distincte de la présidentielle), est une critique de longue date de la "guerre contre la drogue", condamnée à travers le monde pour sa violence.

Le président Duterte l'a désignée cette semaine pour codiriger le comité chargé de superviser l'action des forces de sécurité sur le sujet, un geste qualifié de piège par plusieurs observateurs.

"Il est temps de penser à une nouvelle stratégie qui soit plus efficace, pour que personne ne meure de façon absurde", a déclaré Mme Robredo. "Je suis sûre que tout peut arriver dans une opération de police, mais nous nous opposons au meurtre délibéré et planifié de personnes innocentes".

Rodrigo Duterte était arrivé au pouvoir en 2016 en promettant d'éradiquer la drogue aux Philippines en tuant des milliers de revendeurs et consommateurs.

Depuis, les services anti-drogue affirment avoir abattu plus de 5.500 personnes. Des ONG estiment que le chiffre réel est au moins quatre fois plus élevé et parlent de crimes contre l'humanité.

La Cour pénale internationale a lancé une enquête préliminaire. La principale instance de défense des droits humains des Nations unies s'intéresse également au sujet.

Mme Robredo a déclaré lors d'une conférence de presse après la réunion avec le comité vouloir se pencher en détail sur la campagne de meurtres, estimant que les Philippines devraient faire face elles-mêmes à d'éventuels égarements.

"Il y a beaucoup de choses qui sont arrivées qui n'auraient pas dû arriver", a-t-elle lancé. "Ce sont les drogues, l'ennemi. Nous ne sommes pas en guerre avec nos concitoyens".

L'ONG Amnesty International a réagi en se réjouissant que "les pressions internationales ont un impact, et l'opinion publique (philippine) se détourne de l'approche erronnée de la soi-disant +guerre contre la drogue+".

M. Duterte a promis de poursuivre sa "guerre" jusqu'à la fin de son mandat en 2022. Mais dans une volte-face qualifiée par des observateurs de piège pour la vice-présidente, il avait déclaré la semaine dernière que la situation concernant les drogues dans le pays avait "empiré" et que la police était "au bord de la reddition".

"C'est au-delà de mes compétences, peut-être qu'elle fera mieux", avait-il déclaré à la presse.

Partager
Abonnez-vous à la newsletter