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Afghanistan: le plus haut grade militaire pour un ex-chef de guerre accusé de viol

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Abdul Rashid Dostum, un ex-chef de guerre accusé de viol et de multiples crimes, a été nommé maréchal, le plus haut rang militaire en Afghanistan, a annoncé un haut responsable vendredi.

"Je vous félicite d'avoir atteint le plus haut rang militaire du pays", a écrit vendredi sur sa page Facebook Abdullah Abdullah, l'ancien chef de l'exécutif, qu'il soutenait lors de la présidentielle de septembre 2019.

"L'attribution du grade de maréchal est une reconnaissance pour les milliers de moudjahidines morts et blessés au fil des années en défendant le pays", a ajouté M. Abdullah.

"C'est un grand jour pour le peuple d'Afghanistan", a commenté à l'AFP Bashir Ahmad Tayenj, le porte-parole du désormais maréchal Dostum, pour qui cette promotion "au mérite" couronne "tous les services rendus à la nation afghane ces dernières décennies".

Agé de 66 ans, M. Dostum était un allié du chef de l'Etat Ashraf Ghani, dont il avait été le vice-président entre 2015 et 2019, avant de tourner casaque pour rejoindre le camp d'Abdullah pour la présidentielle.

La présidence n'était pas disponible pour un commentaire. Des médias afghans ont rapporté qu'Ashraf Ghani avait publié un décret conférant le titre de maréchal à Dostum.

L'Afghanistan a connu une grave crise institutionnelle en 2020, quand MM. Ghani et Abdullah se sont tous deux déclarés en mars présidents d'Afghanistan.

En mai, ils ont finalement signé un accord de partage de pouvoir, M. Ghani conservant la présidence tandis que M. Abdullah a pris la direction des pourparlers de paix avec les talibans.

Dans cet accord, il était également convenu qu'Abdul Rashid Dostum serait nommé maréchal.

Abdul Rashid Dostum, puissant dirigeant ouzbèke, est réputé pour ses changements de loyauté et sa barbarie. Il garde un fort capital politique malgré les crimes de guerre rattachés à son nom, notamment le massacre de 2.000 talibans en 2001 dans des conteneurs.

Il a toujours nié ces accusations.

"Toutes les personnes impliquées dans le conflit afghan au cours des quatre dernières décennies avaient des milices armées. Les droits de l'Homme ont été victimes de la politique post-talibane", a observé l'analyste Sayed Nasir Musawi.

Accusé de viol sur un rival fin 2016, Dostum avait quitté l'Afghanistan pour Ankara en mai 2017, officiellement pour raisons de santé. Son retour en juillet 2018 avait été marqué par un attentat-suicide devant l'aéroport de Kaboul qui avait fait au moins 23 morts dont Mohammad Akhtar, un chauffeur de l'AFP.

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