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05.09.14 - CPI/KENYATTA - LA PROCUREURE DE LA CPI DEMANDE UN NOUVEAU REPORT DU PROCÈS DU PRÉSIDENT KENYATTA

Arusha, 05 septembre 2014 (FH) – La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a demandé vendredi un nouveau report de l’ouverture du procès du président kényan, expliquant qu’elle ne disposait toujours de preuves suffisantes. Elu en mars 2013, Uhuru Kenyatta, qui clame son innocence, est accusé crimes contre l’humanité perpétrés dans son pays durant les violences post-électorales de 2007-2008.

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Le jeudi 28 août, la chambre avait, par précaution, demandé au bureau du procureur de confirmer ou non s’il était prêt pour le début du procès le 7 octobre, date fixée par les juges après un premier report suite à une autre requête de l’accusation.En effet, alors que les audiences devaient s’ouvrir le 5 février dernier, la procureure Fatou Bensouda avait demandé un délai supplémentaire, le 19 décembre 2013, suite à l’érosion de sa preuve contre le chef de l’État kényan.« Aujourd’hui, le procureur a demandé à la chambre de première instance de reporter à nouveau le procès de M. Kenyatta jusqu’à ce que le gouvernement du Kenya ait donné entièrement satisfaction à la demande d’archives révisée d’avril 2014 », indique la Cour dans un bref communiqué en anglais.Le bureau de Mme Bensouda accuse le Kenya de ne pas lui avoir fourni des preuves qu'il considère comme cruciales dans le dossier de M. Kenyatta.« Le procureur a informé la chambre que, s’agissant des moyens de preuves, la situation reste la même  - le procureur ne trouve pas la preuve disponible assez suffisante pour prouver au-delà de tout doute raisonnable la responsabilité criminelle alléguée de M. Kenyatta », ajoute le texte.Dans la demande de report du 19 décembre dernier, Fatou Bensouda révélait que deux témoins principaux s’étaient rétractés. Le premier affirmait n'être plus prêt à déposer dans l'affaire tandis que le second disait avoir précédemment donné de faux éléments de preuve dans le dossier.Dans ce feuilleton judiciaire qui ne semble pas  en être à son dernier rebondissement, l'accusation est confrontée non seulement au revirement de témoins mais aussi à une forte pression de la part de certains dirigeants africains.Depuis l'élection d'Uhuru Kenyatta et de son vice-président William Ruto, l'Union africaine (UA) s'est mobilisée, soutenant que des personnalités de ce rang, encore en fonctions, ne devraient pas être poursuivies par la CPI.Dans le procès de Ruto, en cours depuis septembre 2013, les juges ont accepté un assouplissement lui permettant de s'absenter à certaines audiences au profit de ses responsabilités nationales.Reste à savoir si le chef suprême du Kenya, le président Kenyatta, s'accommodera de ce régime, si Bensouda arrive à constituer un dossier assez solide.ER

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