Sans information, pas de réconciliation

La semaine de la justice transitionnelle : le test de la Côte d'Ivoire

La semaine de la justice transitionnelle : le test de la Côte d'Ivoire©SIA KAMBOU / AFPManifestation anti Simone Gbagbo au tribunal d'Abidjan en décembre 2014
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La confirmation du procès à Abidjan, jeudi 21 avril, de Simone Gbagbo pour « crimes contre l’humanité » a ponctué cette semaine de la justice transitionnelle. Tandis que le procès de son époux, l’ancien président Laurent Gbagbo, se poursuit devant la Cour pénale internationale (CPI), la Côte d’Ivoire réaffirme sa souveraineté judiciaire en jugeant sur son sol celle que la CPI demandait. Mais elle prend, ce faisant, une double responsabilité : celle bien sûr de la juger de façon équitable, et celle aussi de creuser encore la division entre les vainqueurs et les vaincus de la crise de 2010-2011.

 

 Cette annonce survient alors que résonne encore sur le continent l’écho de l’échec retentissant de la CPI, au Kenya, à faire la lumière sur les responsabilités d’autres violences post-électorales. À Abidjan, la décision de juger l’ancienne première dame a été immédiatement suivie, vendredi 22 avril, d’un geste d’apaisement du gouvernement, qui élargit le champ des indemnisations aux victimes des crises en Côte d’Ivoire. La ministre de la Solidarité, de la cohésion sociale et de l’indemnisation des victimes, estime que « la réparation des préjudices des crises survenues en Côte d’Ivoire est l’une des principales portes d’entrée pour apaiser les cœurs, réduire les frustrations et rancœurs, aller à la réconciliation nationale ».  

 

Au Rwanda, la condamnation à perpétuité de l’universitaire Léon Mugesera, pour un discours d’appel à la haine, a été accueillie avec satisfaction par le président de l’association de victimes Ibuka, qui estime que « le glas a sonné pour quiconque a enseigné l’idéologie du génocide ». La défense a fait appel, et continue de dénoncer un procès mené uniquement à charge. L’enjeu pour Kigali, à l’issue de ce premier jugement d’une personne extradée – en l’occurrence du Canada –, était de convaincre que les procès menés au Rwanda se déroulent dans le respect des principes du procès équitable, et d’obtenir ainsi d’autres extraditions. Les prochaines décisions en la matière, en Europe ou ailleurs dans le monde, montreront si le jugement Mugesera a pu changer la donne.

 

Tandis que des protestations de la société civile s’élèvent, au Tchad, après l’annonce jeudi de la réélection « 1er tour KO » pour un cinquième mandat du président Idriss Déby, au Congo-Brazzaville un collectif d’ONG milite un dialogue afin de sortir de la « crise post-électorale » après la réélection contestée de Denis Sassou Nguesso. Cette action semble avoir eu un premier écho diplomatique mardi 19 avril, quand la France est sortie de son silence pour demander que « la lumière » soit faite sur la situation dans ce pays. 

 

En Centrafrique, c’est contre la LRA (l’Armée de résistance du Seigneur) que la population s’écrie « trop c’est trop » et contre-attaque, de façon parfois violente. Par ailleurs, des procès imminents sont annoncés d’une part en Ouganda (Thomas Kwoyelo) et d’autre part devant la CPI (Dominic Ongwen), pour d’anciens membres de cette rébellion particulièrement tenace née en 1988 dans le nord de l’Ouganda après l’arrivée au pouvoir de Yoweri Museveni. 

 

Enfin, et c’est là encore la société civile qui s’érige en « chienne de garde », notre correspondante à Tunis revient sur la situation des femmes après les printemps arabes qui voient leurs droits et leurs libertés se glacer, à l’exception notoire de la Tunisie.  

 

 

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