Sans information, pas de réconciliation

Coup double pour la CPI en Centrafrique

Deux arrestations en trois semaines : la Cour pénale internationale reprend pied de manière spectaculaire sur le dossier centrafricain. Patrice-Edouard Ngaïssona, ancien « coordinateur général national » des milices anti-balaka, a été arrêté aujourd’hui en France, sur demande de la CPI. Cette arrestation fait suite à la remise, le 21 novembre, par le gouvernement centrafricain, d’un autre ancien dirigeant des anti-balaka, Alfred Yekatom. Patrice-Edouard Ngaïssona est accusé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis dans l’ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014.

©Fadel SENNA / AFPPatrice-Edouard Ngaïssona, ancien chef des anti-balaka en République centrafricaine, a été arrêté aujourd'hui en France, à la demande de la CPI.
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Un ex-chef de milice centrafricaine et figure de proue des autorités du football dans le pays a été arrêté mercredi en France pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a annoncé la Cour pénale internationale (CPI).

"M. Patrice-Edouard Ngaïssona a été arrêté par les autorités de la République française conformément à un mandat d'arrêt" délivré par la Cour en décembre 2018, a indiqué la CPI dans un communiqué.

M. Ngaïssona avait créé la controverse en février après son élection au comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF). Selon son porte-parole, il est également président de la Fédération centrafricaine de football.

M. Ngaïssona est poursuivi pour sa responsabilité pénale présumée dans des crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis dans l'ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014, a indiqué la Cour.

Créées en 2013 après la prise de pouvoir par la rébellion à dominante musulmane de la Séléka, les milices antibalaka à majorité chrétienne s'étaient livrées en 2014 à une chasse aux musulmans dans Bangui et ses environs, faisant des centaines de morts.

D'après la Cour basée à La Haye, il y a des "motifs raisonnables" de croire qu'une "attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les anti-balaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir la Séléka".

La CPI "a soumis aux autorités françaises une demande en vue de l'arrestation et de la remise à la Cour de N. Ngaïssona à l'issue des procédures nationales nécessaires".

Cette arrestation intervient quelques semaines après la remise à la CPI d'Alfred Yekatom, parfois surnommé Rambo, lui aussi ancien chef de milice centrafricain.

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