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Dossier spécial « Justice transitionnelle : le grand défi colombien »

Colombie : les FARC sous pression sur les crimes contre les enfants soldats

Le mois dernier, la Juridiction spéciale pour la paix en Colombie – connue sous le nom de JEP – a décidé d'autoriser des audiences préliminaires publiques. Cela a poussé les anciens membres des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) à davantage reconnaître le recrutement forcé d'enfants dans leurs rangs, sujet d'une macro-affaire ouverte par la JEP. Mais de nombreuses vérités sont encore tues dans le débat sur les enfants soldats.

Colombie : les FARC sous pression sur les crimes contre les enfants soldatsLa parole se libère de plus en plus, en Colombie, sur le sort réservé aux enfants soldats dans les rangs des FARC, ou de ceux qui étaient adolescents quand ils ont été recrutés.
12 min 33Temps de lecture approximatif

Sandra Ramírez, ancienne rebelle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et négociatrice dans les pourparlers de paix, est entrée dans l'histoire lorsqu'elle a été élue, en juillet dernier, à la deuxième vice-présidence du Congrès, un exploit qu'aucun autre ancien rebelle n'avait réalisé auparavant dans un pays qui a vu plusieurs groupes armés illégaux troquer leurs armes pour les urnes. Ce succès a rapidement été entaché par une série d'interviews dans les médias, au cours desquelles elle n'a pas reconnu que les rangs de la guérilla dans laquelle elle a servi pendant 35 ans avaient compté des centaines, voire des milliers d'enfants soldats. Ce déni a suscité l'indignation.

Deux mois plus tard, les anciens commandants des FARC ont commencé à admettre timidement leur responsabilité dans ce crime et à exprimer leurs regrets. Ils le font dans l'affaire 07, l'une des sept premières macro-affaires ouvertes par la Juridiction spéciale pour la paix, le bras judiciaire de la justice transitionnelle colombienne - ou JEP, comme on l'appelle localement -, l'un des deux dossiers traitant spécifiquement des actes des FARC.

Le pouvoir des audiences publiques

Le mois dernier, le tribunal spécial a décidé que les magistrats instructeurs peuvent désormais choisir de rendre les audiences préliminaires publiques. Le juge Iván González, en charge du dossier des recrutements d’enfants, est le premier à y avoir eu recours. Et de la même manière que les anciens FARC ont finalement commencé à écouter les appels des victimes pour parler d'"enlèvements" au lieu de les minimiser en tant que "rétentions", ils ont maintenant commencé à reconnaître la tragédie des enfants soldats et leur rôle dans leur recrutement. Cependant, comme pour les enlèvements, sur lesquels enquête actuellement la JEP, les victimes de recrutement forcé et les organisations qui travaillent avec elles souhaitent que les anciens rebelles aillent beaucoup plus loin qu'ils ne l'ont fait jusqu'à présent. Tout comme les victimes d'enlèvement exigent des anciens rebelles qu'ils admettent les traitements cruels qui leur ont été infligés et la souffrance de leurs familles, il existe un certain nombre de vérités que des centaines d'anciens enfants soldats espèrent voir la guérilla démobilisée admettre sans ambiguïté.

Suite à la décision du juge González de rendre les audiences publiques, les témoignages des anciens rebelles sont désormais retransmis en direct. Les premiers à témoigner ont été réticents, Abelardo Caicedo affirmant que les FARC ne pouvaient pas vérifier les cartes d'identité des jeunes et Rodrigo Londoño, ancien commandant en chef de la guérilla, admettant que cela a pu se produire "pour des raisons exceptionnelles". Mais les témoins se sont montrés plus ouverts ces deux dernières semaines, Martín Cruz ayant admis avoir autorisé des enfants de moins de 15 ans à les rejoindre. "Aucune explication ou cause ne justifie qu'on les prive de leurs années d’émancipation et d’instruction les plus importantes. Nous ne pouvons pas rendre à ces enfants que nous avons recrutés et incorporés le temps qu'ils ont passé à la guerre. Nous ne pouvons pas guérir les blessures profondes que nous avons infligées à ces adultes qui, aujourd'hui, à juste titre, nous reprochent de les avoir privés par la force de leur enfance", a déclaré Joaquín Gómez, ancien commandant du Bloc Sud des FARC, après son audition.

Une tragédie silencieuse

Pourtant, même si les guérillas de gauche et les groupes paramilitaires de droite s'y sont engagés et qu'une série télévisée populaire a permis d’en parler davantage, le recrutement d'enfants est resté une tragédie relativement invisible. À ce jour, seules 108 victimes ont demandé à être accréditées en tant que parties au procès, alors que 2 426 sont enregistrées dans le dossier sur les enlèvements, une pratique tristement célèbre qui a attiré l'attention des médias du monde entier et a traumatisé la société colombienne.

"Il y a une avancée significative, du déni initial complet des FARC à leur récente admission. Il ne s'agissait pas de cas isolés : la participation des enfants à la guerre a été une constante en Colombie, dans tous les groupes armés illégaux", affirme José Luis Campo de l’ONG Benposta, qui accompagne les anciens enfants soldats. Ses propos sont étayés par d'autres chiffres : le gouvernement a officiellement enregistré 8 895 enfants comme victimes de recrutement et le rapport du Centre national de la mémoire historique a documenté 16 879 cas. Ces deux statistiques montrent que la JEP devra probablement renforcer ses efforts de sensibilisation.

Même si Joaquín Gómez a déclaré qu'il était "disposé à reconnaître le recrutement forcé sans ambiguïté ni euphémisme", la réalité est que les FARC n'ont pas encore admis un certain nombre de vérités concernant les enfants soldats dans leurs rangs.

Un enfant ou un adolescent est-il libre de décider ?

L'une d'entre elles est au centre du débat : les FARC ont-elles activement recruté ces enfants ? Ses anciens dirigeants affirment que personne n'a été contraint de rejoindre l'organisation, mais qu'il l'ont fait "en conscience", comme l'a dit Rodrigo Londoño. "Pour nous, l'important n'est pas de nommer le recrutement mais de comprendre qu'il a toujours été forcé. ‘Forcé’ ne signifie pas seulement ‘par la force’, mais ne pas avoir vraiment le choix", explique Hilda Molano de l’organisation Coalico, un réseau de sept organisations travaillant avec les enfants dans le conflit, qui a soumis au tribunal spécial un rapport sur le recrutement. Cela signifie, par exemple, admettre que les disparités sociales et le contrôle territorial mettent en doute la liberté réelle de décision des enfants.

Les FARC insistent sur le fait que leurs règles interdisent l'enrôlement d'enfants de moins de 15 ans et qu'elles ont relevé l'âge minimum de recrutement à 17 ans en 2015, alors qu'elles étaient assises à la table des négociations de paix. Il existe une raison juridique à cette ligne de défense : la conscription d'enfants de moins de 15 ans est un crime de guerre selon le Statut de Rome, alors que l'enrôlement d'adolescents plus âgés ne l'est pas (bien qu'il soit considéré comme un crime selon la loi colombienne).

Des dizaines de témoignages montrent que des centaines de personnes ont rejoint la guérilla alors qu'elles étaient adolescentes ou plus jeunes. Au moins 63 % des rebelles qui ont déserté les FARC entre 2012 et 2014 avaient rejoint la guérilla alors qu'ils étaient mineurs, 44 % d'entre eux ayant moins de 15 ans, selon les statistiques de l’Agence nationale de réincorporation.

Des expériences différentes

Le cas le plus emblématique est peut-être l'opération Berlin, une opération militaire menée en 2000 qui a vu la libération d'au moins 73 enfants et la mort d'un nombre incertain d'entre eux après que l'armée eut bombardé leur camp. Ils faisaient tous partie de la colonne mobile Arturo Ruiz des FARC, recrutés dans les basses terres tropicales de l'Amazonie et transférés dans les landes glaciales des hautes altitudes de Santander, où ils avaient été repérés par les forces gouvernementales. Vingt survivants de l'opération, aujourd'hui adultes et dont beaucoup sont des professionnels, se sont réunis l'année dernière pour enregistrer leurs témoignages, leurs dessins et leurs cartes. Leur rapport est l'un des neuf soumis à la JEP par les victimes et les organisations.

Pour compliquer encore les choses, de nombreux anciens commandants ont eux-mêmes rejoint les rangs des FARC alors qu'ils étaient enfants, mais – comme l'a souligné Sandra Ramírez, qui avait rejoint leurs rangs à 17 ans – ils ne ressentent pas qu’on leur ait forcé la main. Se voyant comme tout sauf des victimes, ils ne peuvent probablement pas voir les autres sous ce jour. "Ce que Sandra Ramírez décrit comme sa vérité l'est peut-être, mais ce n'est qu'une demi-vérité. Elle ne peut la penser comme représentative de l'expérience des autres. Ils doivent reconnaître que tous les enfants ne sont pas arrivés par la persuasion ou l’illusion, mais aussi grâce à l'utilisation de la force ou des menaces", déclare Mónica Hurtado, professeure à l'université de La Sabana, qui a beaucoup écrit sur le recrutement forcé par la guérilla et les paramilitaires.

Une fois à l'intérieur, on n’en sort pas

Après avoir compilé plus de 2 000 dossiers devant les tribunaux, dont plus de 260 affaires sur les FARC, Hurtado a conclu que les enfants soldats étaient confrontés à ce qu'elle a appelé "une entrée ouverte et une sortie fermée". Elle veut dire par là que les FARC avaient de nombreuses stratégies pour attirer les enfants, de la persuasion à la coercition, mais une fois à l'intérieur, il n'y avait plus d'issue. Les déserteurs, y compris les enfants, étaient sévèrement punis, enchaînés ou exécutés sommairement. Les représailles contre les proches étaient également monnaie courante.

Parmi ces vérités encore manquantes, on peut citer l'impossibilité de s'enfuir, l’application de peines cruelles et le fait que les enfants soldats aient exercé des activités directement liées à la guerre (comme la participation aux hostilités, le placement de mines terrestres ou la collecte de renseignements) ou seulement des activités indirectes (comme la cuisine, le creusement de tranchées, le transport de bois de chauffage et la fourniture de services sexuels). Jusqu'à présent, ces points ont été remarquablement absents des déclarations des FARC.

"Tous les enfants impliqués dans la guerre devaient faire ce qui leur était ordonné ou en subir les conséquences. L'âge n’était pas pris en compte. Nous étions de simples instruments de guerre, devant remplir les objectifs de l'organisation dans un conflit qui n'était pas le nôtre", explique Juanita Barragán, recrutée par les FARC en 2001, alors qu'elle avait 13 ans, et qui a déserté neuf mois plus tard. Dix ans après, elle étudiait le droit et a été l'une des 60 victimes qui se sont rendues à La Havane, à Cuba, pour parler aux équipes de négociation de la paix.

La violence contre les femmes au premier plan

Ces voix appellent toutes à un débat public plus nuancé sur les enfants soldats, qui s'écarte des tropismes simplistes selon lesquels les rebelles protégeaient les enfants vulnérables ou que tous devenaient des esclaves sexuels. Selon eux, cela signifie qu'il faut comprendre les réalités sociales comme le fait que certains enfants considéraient la guérilla comme leur meilleure option de survie dans des régions où l'État était absent, tout en soulignant l'illégalité de ces actions. Ou que, comme l'a montré une enquête menée par la psychologue sociale Ángela María Estrada, de nombreuses filles issues de familles ayant des antécédents de violence domestique ont été séduites et incitées à rejoindre la guérilla. Comme le souligne la chercheuse Mónica Hurtado, "les récits binaires ne nous permettront pas de voir ces complexités".

L'aspect le plus visible du recrutement forcé qui est apparu sous les feux de la rampe est sans doute la violence sexuelle. Même s'il s'agit également d'un crime plutôt invisible historiquement, comme l'a rapporté Justice Info, c’est devenu un sujet de débat politique en Colombie au cours de l'année dernière et les victimes – à la fois favorables et critiques de la justice transitionnelle – font pression pour que la JEP ouvre une macro-affaire sur ce sujet, et pas seulement lorsque cela vise d'anciens enfants soldats.

Ce n'est pas la seule forme de violence basée sur le genre que les victimes demandent au tribunal spécial d'examiner. Une organisation de femmes, Women's Link Worldwide, fait pression pour que d'autres violations, notamment la contraception forcée, les stérilisations et les avortements - qu'elle qualifie de "violence reproductive" - soient incluses dans l'acte d'accusation de la JEP. Au centre du rapport qu'elles ont soumis à la JEP se trouve le cas d'Helena, une ancienne combattante des FARC qui a été recrutée à l'âge de 14 ans et qui a subi un avortement forcé après être tombée enceinte et avoir exprimé son désir d'avoir un enfant.

Helena, ancienne combattante des FARC
L'histoire d'Helena, ancienne combattante des FARC ayant subi mauvais traitements, menaces et avortement forcé, est au centre d'un rapport déposé auprès de la justice transitionnelle colombienne. © Laura Martnez Valero / Women's Link Worldwide

Le cas d'Helena n'est pas une exception

Helena - dont le pseudonyme lui a été donné par la Cour constitutionnelle pour protéger son identité - a d'abord été menacée de passer en cour martiale et d'être exécutée, puis finalement ligotée et droguée, avec une substance provoquant l'avortement. Elle a été autorisée à rester avec sa famille en raison des complications de santé liées à son avortement, mais a fini par s'enfuir après que des membres des FARC lui aient fait savoir que son retour était attendu. Elle souffre toujours d'une infection urinaire et d'une insuffisance rénale chronique, ainsi que d'épisodes de dépression et de stress post-traumatique. Sa famille a été menacée pour n’avoir pas révélé où elle se trouvait.

"Dans leurs déclarations, nous voyons qu'ils admettent que "certains cas" se sont produits, mais ils minimisent clairement leur importance. Au-delà du cas d'Helena, notre rapport montre que ces pratiques étaient courantes dans les structures de l'organisation et dans différentes régions", affirme l'avocate Mariana Ardila, qui représente Helena devant la JEP.

Bien que les commandants des FARC commencent à admettre ce type de violences, Ardila soutient qu'ils "introduisent constamment des points d'interrogation" pour minimiser ces comportements, insistant sur le fait que la contraception était volontaire et que les interruptions de grossesse n'avaient jamais lieu au-delà du troisième mois. "Ils se réfèrent à la politique comme à quelque chose qui est écrit, alors qu'il peut aussi s'agir d'un comportement toléré : la question n'est pas de savoir s'il s'agissait d'ordres, mais si cela s'est réellement produit. Il est indéniable que cela a servi les objectifs militaires et politiques de l'organisation, dans la mesure où ils ne perdaient pas de combattants", dit-elle.

Victimes et bourreaux

D'autres victimes contestent la formulation des FARC. "Celles-ci refusent de nommer les avortements en tant que tels, des commandants comme Joaquín Gómez les qualifiant d’‘inversions de grossesse’. Ce langage est un habillage qui camoufle et déforme la réalité", déclare Yudy Tovar, une ancienne rebelle de 31 ans qui a quitté les FARC il y a 13 ans et a dénoncé les agressions sexuelles répétées de ses anciens supérieurs.

Tovar est la porte-parole de la Rose blanche (Rosa Blanca), un groupe de 300 anciennes combattantes des FARC très critiques à l'égard du processus de justice transitionnelle et qui soutiennent que les anciens commandants cherchent à se soustraire à leur responsabilité en arguant que tout ce qui s'est passé dans l'organisation était consenti. Bien qu'elles parlent avec force de ce dossier dans les médias, elles n'ont toujours pas remis leur rapport à la JEP - ce qu'elles avaient promis il y a un an – et ne se sont pas enregistrées comme parties au procès.

Les femmes de Rosa Blanca sont un autre exemple de la complexité des enquêtes et de la sanction sur le dossier des recrutements. Le contraste est frappant avec l'affaire des enlèvements, dont les victimes sont pour la plupart des civils sans aucun lien avec le conflit armé. Les anciens enfants soldats sont à la fois victimes et auteurs, ou ce que le juriste Iván Orozco - qui a conseillé l'équipe de négociation du gouvernement dans les pourparlers de paix - a appelé "la double responsabilité".

En fait, de nombreuses membres de Rosa Blanca sont d'anciennes combattantes des FARC recrutées dans leur enfance, ayant pris leurs distances avec l'organisation à l'âge adulte et qui purgeaient des peines de prison lorsque l'accord de paix a été signé. Cela signifie qu'elles sont maintenant en liberté surveillée et qu'elles ont également besoin que la JEP statue sur leur propre situation juridique, avec des décisions pouvant aller de la grâce pure et simple à l'inculpation au cas où la JEP estimerait qu'elles sont les principales responsables d'une atrocité de masse. Elles sont également conscientes des conditions de l'accord selon lesquelles elles doivent contribuer à la vérité et aider aux réparations pour les victimes.

En fin de compte, si la JEP est capable de fournir à la société colombienne des réponses à ces vérités manquantes, elle réussira là où le système de justice pénale ordinaire a échoué : sur les 132 cas de recrutement forcé poursuivis par le bureau du procureur général entre 2008 et 2016, 86 se sont soldés par des condamnations, 19 ont ordonné une forme de réparation économique aux victimes et aucun des accusés n'a été condamné à une peine de prison.

Dans le modèle actuel de justice transitionnelle, les anciens dirigeants des FARC ne pourront échapper à une peine de prison que s'ils surmontent leur réticence à reconnaître toute l'ampleur de la tragédie des enfants soldats.

UNE VICTIME DES FARC VA SIÉGER À LA COMMISSION VÉRITÉ

Leyner Palacios, leader respecté de la communauté afro-colombienne et rescapé de l'un des plus terribles massacres des FARC, a été choisi il y a deux semaines comme nouveau membre de la Commission vérité et réconciliation (CVR), après la mort de la commissaire Ángela Salazar, des suites du Covid-19, en août.

Palacios est originaire de Bojayá, un petit village au bord d'une rivière dans les forêts tropicales du nord-ouest de la Colombie où, en 2002, les FARC ont lancé une bombe au propane contre l'église où les villageois avaient cherché refuge pour échapper à l’affrontement entre la guérilla et les paramilitaires. L'attaque a fait 119 morts, dont 28 membres de la famille de Palacios. Il a été l’une des 60 victimes s’étant rendues à La Havane pour s'entretenir avec les négociateurs, et a dirigé les efforts de sa communauté pour organiser une cérémonie publique, en décembre 2015, au cours de laquelle les FARC ont présenté pour la première fois des excuses publiques pour leurs actes criminels.

Sa désignation a été considérée comme un geste à l’égard des 8,9 millions de victimes dans le pays, sachant que son prédécesseur était également une dirigeante de la communauté afro-colombienne. Au moins trois autres représentantes importantes des victimes - Mayerlis Angarita, Juana Ruiz et Yolanda Perea - avaient également soumis leur candidature. La nomination de Palacios comme première victime directe des FARC désignée comme commissaire à la CVR a été bien accueillie, bien que plusieurs groupes de femmes aient contesté le fait que la CVR soit passée de la parité des sexes à un tiers de femmes seulement. Malgré les plaintes du secteur des affaires percevant un parti pris de la CVR à leur encontre, comme l'a rapporté Justice Info, une fois de plus aucun candidat issu du secteur privé n'a proposé son nom.
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