Centrafrique : une quatrième arrestation pour la CPI

Maxime Mokom, arrêté au Tchad, a été remis à la Cour pénale internationale, le 14 mars. Cet ancien coordinateur national du groupe armé des « antibalaka », une milice impliquée dans les violences de 2013-2014 en République centrafricaine, est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il est la quatrième personne à être incarcérée à La Haye en un peu plus de trois ans dans le cadre de ce dossier.

Maxime Mokom (en costume) est assis sur une chaise, entouré de militairesMaxime Mokom en octobre 2020, quand il était ministre en charge du Désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR) de la République centrafricaine. © Minusca
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La République du Tchad a remis lundi à la Cour pénale internationale l’ex-chef d’un groupe armé antibalaka, Maxime Mokom, suspecté de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, a indiqué la CPI.

M. Mokom, 43 ans, était le chef d’un groupe armé antibalaka, des milices autoproclamées d’autodéfense créées en 2013 en réaction à la prise de Bangui par la Séléka.

Il est suspecté de crimes qui auraient été commis à Bangui et dans d’autres localités de la République centrafricaine (RCA) en 2013 et 2014, a indiqué la CPI dans un communiqué.

« La Chambre a trouvé des motifs raisonnables de croire que M. Mokom, un ressortissant de la République centrafricaine (…) était un coordonnateur national des opérations des Anti-Balaka », a indiqué la Cour.

Il est notamment suspecté de meurtre, extermination, déportation ou transfert forcé de population, emprisonnement, torture, persécution, traitement cruel et mutilation.

« M. Mokom est suspecté d’avoir commis ces crimes conjointement avec d’autres et/ou par l’intermédiaire d’autres personnes dans le cadre d’une politique visant à cibler la population musulmane et d’autres personnes perçues comme soutenant la Séléka ou comme étant des +étrangers+ à Bangui et dans l’ouest de la RCA », a expliqué la Cour.

M. Mokom était devenu en février 2019 ministre chargé du Désarmement, de la Démobilisation, de la Réinsertion et du Rapatriement (DDRR) suite à un accord de paix conclu à Khartoum et signé Bangui entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés. Mais la plupart des groupes armés avaient rapidement désavoué le gouvernement.

« M. Maxime Jeoffroy Eli Mokom Gawaka (…) a été remis à la (…) CPI par les autorités de la République du Tchad en vertu d’un mandat d’arrêt de la CPI délivré sous scellés le 10 décembre 2018 », a indiqué la Cour.

La Cour a indiqué lundi soir sur Twitter que M. Mokom était arrivé au quartier pénitentiaire de la CPI. Mais « La comparution initiale de M. Mokom (…) aura lieu en temps voulu », a déclaré la Cour.

La CPI, qui siège à La Haye, a été créée en 2002 pour juger des individus poursuivis notamment pour des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des actes de génocide.

Milliers de morts

Le 30 mai 2014, le gouvernement de la RCA a confié les crimes commis dans le pays depuis le 1er août 2012 à la Cour. L’ancienne procureure Fatou Bensouda a ouvert une enquête en septembre de cette année-là.

Les crimes présumés auraient été commis à la fois par la Séléka (une coalition de groupes armés principalement composée de musulmans opposés à l’ancien président François Bozizé) et les Anti-Balaka (un mouvement opposé à la Séléka et soutenant Bozizé).

La violence aurait fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, a indiqué la CPI.

Patrice-Edouard Ngaïssona, ancien ministre centrafricain des Sports, et Alfred Yekatom, surnommé « Rambo », deux ex-chefs de milices centrafricaines détenus par la CPI respectivement depuis janvier 2019 et novembre 2018, sont également accusés de crimes de guerre et crimes contre l’humanité lors de la guerre civile entre 2013 et 2014.

Le procès d’un commandant présumé de la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis en République centrafricaine, s’ouvrira en septembre.