Sans information, pas de réconciliation


Maroc: arrestation dans les rangs du parti islamiste PJD pour apologie du terrorisme

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Les autorités marocaines ont arrêté cinq membres des jeunesses du Parti de la justice et du développement (PJD), accusés d'avoir célébré sur les réseaux sociaux l'assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie, a-t-on appris auprès de cette formation, vainqueur des législatives d'octobre.

Un responsable local de la jeunesse du PJD dans la ville de Tanger (nord), Ahmed Chtibat, a été interpellé pour avoir "exalté" sur facebook l'assassinat du diplomate Andreï Karlov, tué par balle le lundi 19 décembre à Ankara, a rapporté la presse marocaine jeudi.

Au total, ce sont cinq militants des jeunesses du PJD qui ont été arrêtés ces derniers jours, selon le quotidien Akhbar Al Yaoum, qui a fait état de l'interpellation d'un sixième individu, proche de la mouvance salafiste.

Sous le hashtag "nous sommes tous Ahmed Chtibat", des membres du PJD se sont mobilisés sur les réseaux sociaux pour demander la libération de ce responsable. 

Le PJD, vainqueur des législatives d'octobre et dont le secrétaire général, Abdelilah Benkirane, l'actuel Premier ministre qui dirigera le prochain gouvernement de coalition, n'a pas fait de déclaration officielle à ce sujet ou ne s'est pas publiquement solidarisé avec ses militants arrêtés. Mais le président de l'association des avocats du parti, Abdessamad El Idrissi, a indiqué qu'il allait assurer leur défense.

Pour le secrétaire général des jeunesses du PJD, Khalid Boukarai, les arrestations de membres de la jeunesse du parti sous l'accusation d'apologie du terrorisme sont "sélectives", a-t-il accusé sur facebook.

Les ministères de la Justice et de l'Intérieur avaient annoncé le 22 décembre l'ouverture d'une enquête après qu'un groupe de personnes a "clairement exalté sur les réseaux sociaux l'acte d’assassinat de l'ambassadeur russe en Turquie". 

Selon le code pénal marocain, "l'apologie d'actes terroristes" est punie jusqu'à 6 ans de prison et 19.000 euros d'amende.

Le Maroc est lié à Moscou par un "partenariat stratégique approfondi" et a dernièrement invité officiellement le président russe Vladimir Poutine à se rendre dans le royaume. Le secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev s'est rendu mi-décembre à Rabat, où il a rencontré le roi Mohammed VI et les principaux responsables sécuritaires du pays.

Début décembre, des propos tenus par le Premier ministre Benkirane, qui avait critiqué l'intervention armée de Moscou en soutien au régime du président syrien Bachar al-Assad, avaient créé un incident diplomatique. 

Par la voix de son ambassadeur à Rabat, Moscou avait exprimé sa "préoccupation" suite à ces "déclarations médiatiques", et les Affaires étrangères marocaines avaient immédiatement réagi en affirmant "respecter" le rôle de la Russie en Syrie, recadrant au passage sévèrement le chef du gouvernement et secrétaire général du PJD.

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