Sans information, pas de réconciliation

Référendum turc : appels européens à la pondération et au dialogue

2 min 56Temps de lecture approximatif

L'Union européenne et plusieurs pays européens, dont l'Allemagne et la France, ont invité le président turc Recep Tayyip Erdogan à la pondération et au dialogue, au lendemain du référendum sur le renforcement de ses pouvoirs, qu'il a remporté de justesse.

 

- Union européenne -

"Au vu du résultat serré du référendum et des implications profondes des amendements constitutionnels, nous appelons (...) les autorités turques à rechercher le consensus national le plus large possible dans leur mise en oeuvre. (...) Les amendements constitutionnels, et particulièrement leur application concrète, seront évalués à la lumière des obligations de la Turquie en tant que candidate à l'Union européenne et en tant que membre du Conseil de l'Europe", ont écrit dans un communiqué commun le président de la Commission européeenne, Jean-Claude Juncker, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le responsable de l'élargissement de l'UE, Johannes Hahn.

- Allemagne -

"Le gouvernement (allemand) attend que le gouvernement turc, après une campagne électorale dure, cherche maintenant un dialogue respectueux avec toutes les forces politiques et dans la société", a souligné la chancelière Angela Merkel dans une courte déclaration conjointe avec son ministre des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel.

Un référendum sur le rétablissement de la peine de mort serait "synonyme de la fin du rêve d'Europe" pour la Turquie, soit la fin des négociations d'adhésion à l'Union européenne, a averti d'autre part Sigmar Gabriel dans une déclaration au quotidien Bild.

- France -

Paris "prend acte des chiffres annoncés" après le référendum de dimanche - et "des contestations émises" -- tout en relevant que ces chiffres "montrent qu'en tout état de cause la société turque est divisée sur les profondes réformes envisagées".

"Les valeurs et les engagements pris dans le cadre du Conseil de l'Europe devraient conduire les autorités turques à conduire un dialogue libre et sincère avec toutes les composantes de la vie politique et sociale", indique la présidence française.

"L'organisation d'un référendum sur la peine de mort constituerait évidemment une rupture avec (les) valeurs et (les) engagements" pris par la Turquie "dans le cadre du Conseil de l'Europe", a mis d'autre part en garde la présidence française.

- Autriche -

"Après le référendum turc, nous ne pouvons pas simplement revenir aux affaires courantes. Il faut faire preuve de franchise s'agissant des relations Turquie/UE. Nous devons stopper les négociations d'adhésion à l'UE et travailler, à la place, à l'établissement d'un accord de voisinage avec la Turquie", a écrit le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, dans un tweet.

"Avec la journée d'hier, la perspective d'adhésion (de la Turquie, ndlr) a été de facto enterrée", a renchéri le chancelier autrichien, Christian Kern.

- Espagne -

"Nous prenons bonne note des résultats… Et du fait qu'il y a eu des critiques sur le fait qu'il y ait pu y avoir des irrégularités. (...) Nous espérons que les réformes constitutionnelles soient mises en œuvre en prenant en compte les engagements de la Turquie avec le Conseil de l'Europe et en tant que candidat à l'UE. Nous espérons qu'elles se feront de la manière la plus consensuelle possible pour éviter les divisions au sein du peuple turc" (ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis)

- Suisse -

Berne "espère que les autorités turques, dans l'intérêt de la stabilité et de l'unité nationale en Turquie, utiliseront l'occasion d'inclure les voix de la société turque, qui se sont prononcées contre le référendum, dans le processus décisionnel à venir" (ministère des Affaires étrangères).

Le ministère avertit également qu'"un possible retour de la peine de mort serait en contradiction avec les obligations internationales de la Turquie et ne serait par conséquent pas acceptable".

- Danemark -

"Etrange de voir la démocratie réduire la démocratie. La majorité a le droit de décider, mais je suis assez préoccupé au sujet de la nouvelle Constitution turque", a indiqué le Premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, sur twitter.

- Arabie saoudite -

L'Arabie saoudite a pour sa part salué lundi le "succès" du référendum en Turquie. A l'occasion du Conseil des ministres hebdomadaire, le gouvernement saoudien a "félicité le président Erdogan et le peuple turc pour le succès du référendum sur la réforme constitutionnelle", a rapporté l'agence de presse officielle SPA.

Partager
Abonnez-vous à la newsletter