Sans information, pas de réconciliation

Colombie: le gouvernement rejette l'offre de l'ELN de renouer le dialogue paix

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Le gouvernement colombien a rejeté vendredi l'offre de l'ELN de reprendre les pourparlers de paix, rompus en janvier après un attentat meurtrier à Bogota, et déclaré qu'il ne reviendrait à la table des négociations que lorsque la guérilla suspendrait ses actions.

"Nous ne pouvons nous assoir avec un groupe qui continue à séquestrer, qui ne donne pas d'information sur les nombreux otages (...) et, surtout, qui commet des crimes absurdes et absolument injustifiables", a déclaré le Haut commissaire pour la paix, Miguel Ceballos, à la radio W.

Les délégués de l'Armée de libération nationale (ELN) avaient exprimé mercredi leur intention de négocier la paix avec le gouvernement du président Ivan Duque, dans un message transmis à l'ONU, au Vatican et au Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

"Notre devoir est de continuer à chercher le règlement politique du conflit", avait assuré la dernière guérilla du continent américain dans ce texte, présenté au cours d'une conférence de presse à La Havane, siège des pourparlers initiés en février 2017 sous le précédent gouvernement de l'ex-président centriste Juan Manuel Santos (2010-2018).

Ivan Duque, qui est soutenu par la droite dure et a pris ses fonctions en août 2018, avait posé de strictes conditions pour poursuivre les négociations et avait finalement interrompu le processus après l'attentat à la voiture piégée qui, en janvier, a tué 22 élèves de l'école de police de Bogota, outre l'auteur de l'attaque.

Miguel Ceballos a réitéré que la "porte du dialogue" ne s'ouvrira que lorsque l'ELN montrera sa "réelle volonté de ne pas poursuivre ses activités criminelles". "Alors nous nous assoirons et regarderons comment nous pouvons avancer", a-t-il ajouté.

Le gouvernement exige la libération préalable de tous les otages de l'ELN et la suspension de ses "activités criminelles", dont les fréquents attentats contre des infrastructures pétrolières.

Selon des estimations officielles, la guérilla retient 12 otages pour la libération desquels elle exige le paiement d'importantes rançons.

Le Haut commissaire pour la paix a en outre condamné l'"utilisation" d'enfants dans des vidéos publiées par l'ELN à l'occasion du 55e anniversaire de son soulèvement, dénonçant "un crime de guerre".

Apparue en 1964 et reconnue comme la dernière guérilla du pays, depuis la signature fin 2016 de l'accord de paix avec l'ex-rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), l'ELN compte environ 2.300 combattants et un vaste réseau de soutien dans les zones urbaines.

Inspirée des idées du révolutionnaire Ernesto "Che" Guevara, elle opère dans 10% des municipalités colombiennes, essentiellement à la frontière du Venezuela et sur la côte Pacifique, selon des chercheurs indépendants.

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