La justice doit être vue pour être rendue
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Semaine de la justice transitionnelle : la Tunisie en question, l'échec annoncé au Burundi

Semaine de la justice transitionnelle : la Tunisie en question, l'échec annoncé au Burundi©MOHAMED KHALIL / AFPManifestant à Kasserine qui s'est cousu la bouche
2 min 29Temps de lecture approximatif

La Tunisie avait innové dans le domaine de la justice transitionnelle. Une région, Kasserine avait demandé de l’Instance Vérité et Justice le statut de “région victime”. La correspondante de Justiceinfo en Tunisie Olfa Belhassine écrivait alors en juin 2015 : le statut de « Kasserine, région victime » semble en tous cas être en parfait accord avec la loi tunisienne sur la justice transitionnelle adoptée en décembre 2013, qui dans son article 10 étend la définition de victime à « toute région ayant subi une marginalisation ou une exclusion organisée ». Il s’agit là d’une spécificité tunisienne en matière de justice reconstructrice ». Mais, cette requête n’a rien changé à l’exclusion de cette région déshéritée du centre de la Tunisie qui est le théâtre depuis plusieurs jours de manifestations violentes. Les revendications sont les mêmes que celles des manifestants de Sidi Bouzid qui avaient amené il y a cinq ans la chute du Président Ben Ali; le pouvoir démocratique d’aujourd’hui redoute un scénario similaire avec ces manifestations qui ont depuis gagné la capitale. Tout occupée à sa transition politique, la Tunisie unique et fragile succès de feu le printemps arabe a oublié la transition sociale et la reconstruction économique.

Dans le domaine plus classique et plus judiciaire de la justice transitionnelle, un procureur de la CPI a présenté aux juges 70 chefs d'accusations de crimes de guerre et crimes contre l'humanité à l’encontre de l'ancien chef de guerre ougandais Dominic Ongwen l’un des leaders de de la rébellion de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) au cours d’une procédure dite de “confirmation de charges”. Enrôlé de force comme enfant-soldat alors qu’il avait 8 ou 10 ans dans cette milice sanguinaire et mystique, Ongwen en est devenu l’un des responsables à côté de son leader et prophète auto-proclamé, Joseph Kony. Son passé d'enfant soldat n'est pas une excuse pour les crimes commis, assure l'accusation, qui parle seulement de "circonstances atténuantes". Un procès sur le fond doit se tenir dans plusieurs mois ou années à la Haye.

Quant au chef de guerre congolais Germain Katanga tout juste libéré des prisons de la CPI après avoir purgé sa peine, il restera en prison” dans son pays. La RDC veut le poursuivre pour d’autres crimes. Interrogé par la correspondante de JusticeInfo en RDC, Habibou Bangré , l’Association congolaise pour le respect des droits humains (ACRDH), dit ne pas exclure “ une motivation officieuse”. Junior Safari, son directeur exécutif, se demande notamment si Kinshasa ne cherche pas à « bloquer Germain Katanga pour essayer de le séparer de sa base », redoutant une « recrudescence [des attaques] de sa milice alors que le pays est sous tension avec la paralysie du processus électoral”.

Alors que la Côte d’Ivoire attend la semaine prochaine l’ouverture du procès de son ancien Président, Laurent Gbagbo, le chef de l’Etat nouvellement réélu Alassane Ouattara a une nouvelle fois promis de libérer les détenus politiques dans son pays. Ouattara a rencontré à cette fin Pascal Affi N'Guessan, le chef du Front Populaire Ivoirien (FPI-opposition). "Le principe de la libération des prisonniers politiques est acquis", a estimé le chef du FPI, parti fondé par l'ex-président Laurent Gbagbo, soulignant que Ouattara aurait "marqué son accord". Le FPI qui parle de "300 personnes" dont l’ancienne première dame Simone Gbagbo devrait confronter sa liste avec celle du gouvernement qui évoque "entre "140 et 150 prisonniers".

Burundi

Enfin, toujours toujours très loin des process de la justice internatioanle, le gouvernement du Burundi a reçu une délégation de l’ONU pour tenter de trouver une issue à la crise dans laquelle ce pays est plongé. Cette visite a déclenché une nouvelle salve de violences laissant mal augurer du succès de la médiation internationale.

 

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