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La semaine de la justice transitionnelle : les Philippines se retirent de la CPI, l’Occident malade du populisme xénophobe

La semaine de la justice transitionnelle : les Philippines se retirent de la CPI, l’Occident malade du populisme xénophobe©Belle Komives/FlickrLe président philippin Rodrigo Duterte lors de son investiture le 30 juin 2016
2 min 19Temps de lecture approximatif

 A la Cour pénale internationale (CPI), le greffier Herman Von Hebel a annoncé cette semaine sa décision de retirer sa candidature à un nouveau mandat de cinq ans. Après le retrait de ce Néerlandais, qui avait été sérieusement critiqué pour sa gestion financière de la Cour, 12 candidats restent en lice. La date de l’élection du nouveau greffier par les juges de la CPI n’a pas encore été annoncée.

Toujours au sujet de la CPI, le président burundais Pierre Nkurunziza, dont le pays s’est retiré de façon effective, fin 2017, du Traité de Rome créant la Cour, a désormais un émule. Son non moins controversé homologue philippin Rodrigo Duterte a en effet annoncé mercredi 14 mars que l’archipel claquait la porte de la CPI qui se penche sur sa politique meurtrière contre la drogue.

La Cour, dont le siège se trouve à La Haye, a annoncé, début février, l'ouverture d'un "examen préliminaire", étape préalable à une enquête, sur la campagne antidrogue menée par le président  Duterte. Depuis  2016, au moins 4.000 trafiquants et usagers présumés de la drogue ont été tués par la police, encouragée en cela par les déclarations incendiaires de l’homme fort de l’archipel. Comme celle du Burundi, la décision des Philippines de quitter le CPI, ne clôt cependant pas le dossier ouvert par la Cour.

Populisme et xénophobie en Occident

Rodrigo Duterte n’est malheureusement pas le seul dirigeant en ce vingt-et-unième siècle à faire l’apologie du crime sous le prétexte de protéger ses administrés. Dans un article publié cette semaine par JusticeInfo.Net, Pierre Hazan, Professeur à l’Université de Neuchâtel, revient sur deux récentes nominations qui prouvent, une fois de plus, que « l’Administration du président Trump ne fait visiblement pas bon ménage avec le respect des droits de l’homme ». Mike Pompeo, partisan de la torture, est nommé au poste de Secrétaire d’Etat tandis que Gina Haspen, qui dirigeait, en Thaïlande, une prison secrète des services de renseignement américains où la torture était courante, est porté à la tête de la CIA.

« En Europe, la vague populiste n’a pas fini de déferler, relève encore Pierre Hazan. En Europe centrale et orientale, des populistes aux relents xénophobes ont accédé au pouvoir en Pologne, en Hongrie, en Slovaquie et en Tchéquie ».

Pour cet universitaire, qui est également conseiller éditorial de JusticeInfo, « ces évolutions inquiétantes sont lourdes d’implication pour la justice transitionnelle ».  « Celle-ci était née dans l’après-chute du mur de Berlin dans un climat d’optimisme portée par la 3ème vague de démocratisation. Un quart de siècle plus tard, nous en sommes aux antipodes de cette brève ère d’optimisme post-1989 », déplore Pierre Hazan.

Sur le continent africain, JusticeInfo revient cette semaine sur la République démocratique du Congo (RDC) avec un appel pressent de l’organisation Avocats sans Frontières (ASF) au respect des libertés publiques. Dans un entretien avec Claude Sengenya, correspondant du magazine en République démocratique du Congo, Gilles Durdu, directeur d’ASF pour la  RDC, dénonce la violente répression de manifestations pacifiques réclamant le respect de la Constitution et l’alternance politique. L’avocat condamne ailleurs la multiplication des attaques contre les défenseurs des doits de l’homme et accuse le régime du président Joseph Kabila de vouloir faire voter de nouvelles lois liberticides dans un contexte déjà extrêmement tendu.

 

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