Fatou Bensouda : « Je ne savais pas ce qui se passait sous Jammeh »

Pour la première fois, l'ancienne procureure de la Cour pénale internationale Fatou Bensouda parle de l'époque où elle servait la dictature de Yahya Jammeh en Gambie. Elle affirme n'avoir rien su des graves violations des droits de l'homme commises alors qu'elle exerçait les plus hautes fonctions au sein de la justice gambienne. Elle admet aujourd'hui que le régime était "pourri jusqu'à la moelle".

Fatou Bensouda : « Je ne savais pas ce qui se passait sous Jammeh »Entre 1994 à 2000, Fatou Bensouda a occupé parmi les plus hautes fonctions de l'appareil judiciaire en Gambie, sous le régime de Yahya Jammeh. Elle affirme avoir ignoré les graves violations des droits de l'homme qui y étaient commises. Photo de Fatou Bensouda © Wayamo Foundation
12 min 43Temps de lecture approximatif

JUSTICEINFO.NET : Entre le coup d’État militaire de juillet 1994 et 2000, vous avez occupé différents postes à responsabilité dans le système judiciaire gambien. Vous avez été directrice adjointe des poursuites, adjointe du procureur général et Secrétaire juridique [auprès de la présidence], avant d’être procureure générale et ministre de la Justice pendant deux ans, entre 1998 et 2000. Quelle a été votre expérience au service d’un régime militaire devenu une dictature officiellement non militaire, dirigée par le même Yahya Jammeh ?

FATOU BENSOUDA : Avant tout, je veux vous dire quelque chose qui est vrai pour tous les technocrates qui ont continué à travailler avec le gouvernement lorsque le coup d’État a eu lieu [en juillet 1994]. C’était une période où nous pensions tous que nous avions vraiment besoin d’un changement. Le même règne durait depuis trente ans et nous ne semblions pas avoir de vision sur la direction à prendre. Nous respections tous le président de l’époque, Sir Dawda [Jawara], mais il était également entouré de personnes qui ne défendaient probablement pas les intérêts du pays. Dans une telle situation, les gens veulent qu’un changement se produise.

Pour que les choses soient claires, lorsque le coup d’État a eu lieu, j’étais déjà la directrice adjointe du ministère public. J’étais la première à occuper ce poste. Bien sûr, [le coup d’État de Jammeh] a été une surprise. Mais nous avons fini par nous rendre compte qu’il s’agissait d’un coup d’État et nous avons commencé à voir le côté positif de la situation, à savoir qu’il y avait maintenant un changement. Le discours du nouveau gouvernement était axé sur la transparence, la responsabilité, le recours à des technocrates pour diriger les ministères et pas seulement à des politiciens. Nous étions heureux de cela et beaucoup d’entre nous ont décidé de rester. Et nous avons travaillé.

Et y a-t-il eu un moment où ce sentiment a changé, où vous avez pensé que cela ne se passait pas exactement comme vous l’espériez ?

Je dois reconnaître que cela a changé, sans doute assez rapidement. L’une des premières choses que le gouvernement a voulu faire a été de créer ces commissions d’enquête [sur la mauvaise gestion présumée du régime précédent]. Et dans mon désir de servir mon pays, j’ai été parmi les seuls Gambiens à accepter de servir dans ces commissions d’enquête. J’ai servi dans la commission qui s’occupait des entreprises paraétatiques. J’en étais le conseil principal ; les autres conseils principaux venaient du Ghana et d’autres pays.

La Gambie est un petit pays, nous nous connaissons tous. Il était très difficile pour moi d’affronter des personnes avec lesquelles j’avais grandi et que je connaissais. Ce que j’ai décidé, c’est de faire mon travail avec l’objectif d’obtenir des résultats. Dans cette commission, M. Faal était d’ailleurs mon adjoint. [Essa Faal a été le conseil principal de la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC) de la Gambie, entre fin 2018 et septembre 2021 ; il est désormais candidat à la présidence du pays.]

Et y a-t-il eu un moment où vous avez pensé que quelque chose de mal se passait ?

Oui. Je dois dire qu’après un certain temps, j’ai découvert qu’il y avait eu des tentatives pour m’écarter ou pour recommander mon écartement. J’ai appris par la suite que certaines personnes trouvaient que je ne tirais aucun bénéfice de la commission.

Vous voulez dire un bénéfice financier ?

Financier, oui. Je ne demandais pas d’argent, je n’étais pas corrompue, alors ils ont en fait inventé des histoires pour que je sois écartée de la commission. C’est là que j’ai su que les choses avaient changé.

Lorsque vous êtes au service du gouvernement, vous vous attendez à ce qu’après avoir occupé un poste particulier pendant quelques années, vous soyez promue au poste suivant. »

Mais finalement, vous avez continué à être promue.

C’est aussi quelque chose que vous sortez du contexte. Lorsque vous êtes au service du gouvernement, vous vous attendez à ce qu’après avoir occupé un poste particulier pendant quelques années, vous soyez promue au poste suivant.

Oui, mais sous Jammeh, votre carrière a progressé très rapidement et vous avez continué à occuper des postes plus élevés, les plus proches que possible du pouvoir politique.

Encore une fois, je dois expliquer le contexte. Ce n’est pas que j’avais stagné et que j’ai grimpé en flèche à l’arrivée de Jammeh. J’ai été procureure, puis avocate général, puis avocate générale principal, puis directrice adjointe des poursuites. Puis le coup d’État a eu lieu. Après le coup d’État, j’ai occupé deux autres postes : procureure générale adjointe et procureure générale.

Et ce sont sans doute les postes les plus élevés au ministère de la Justice.

Des personnes qui étaient sous mes ordres avaient été promues avant moi au poste de procureur général adjointe, puis de procureur général, il faut le dire. Lorsque j’ai été promue au poste de procureure générale adjointe, j’étais en fait la plus gradée dans la hiérarchie. La seule personne qui l’était plus que moi était le greffier intérimaire de l’époque.

Parce que les autres avaient fui ?

Non, parce qu’ils avaient été démis de leurs fonctions.

Y a-t-il eu un moment durant ces années où vous avez eu conscience que de graves violations des droits de l’homme étaient commises en Gambie ?

Non.

Pendant toute cette période, de 1994 à 2000 ?

Pas à l’échelle que nous connaissons. À l’époque, surtout en tant que procureure générale adjointe, je ne m’occupais pas des affaires pénales, ce n’était pas ma responsabilité – il s’agissait des dossiers au civil. Je me souviens que nous avons eu des cas graves, comme lorsque les militaires ont déversé du riz dans la mer parce qu’ils disaient que c’était du riz de troisième classe. Nous sommes allés au tribunal et, à la fin, nous avons dû admettre que le gouvernement était responsable.

Pendant toute cette période, vous n’avez jamais entendu parler de tortures, de disparitions, de meurtres, de détentions illégales, de personnes mourant dans les prisons ? Non. Absolument pas. »

Mais pendant toute cette période, vous n’avez jamais entendu parler de tortures, de disparitions, de meurtres, de détentions illégales, de personnes mourant dans les prisons ?

Non. Absolument pas. Mais est-ce que cela se passait à ce moment-là ?

Eh bien, selon la Commission vérité, oui.

C’est maintenant que nous le savons, je ne cesse de vous le répéter.

À l’époque, vous dites que vous ne saviez pas ?

Non.

Il n’y avait pas eu de rapport d’Amnesty International ?

Pas que je sache, vraiment.

Les organisations de défense des droits de l’homme ne s’étaient pas exprimées à ce sujet ?

Je me souviens qu’à l’époque, Human Rights Watch est venu une ou deux fois en Gambie. Et nous sommes allés visiter les prisons. Je m’en souviens, car j’étais également préoccupée. Bien sûr, il y avait une surpopulation dans les prisons, mais ce n’était pas nouveau, c’était déjà le cas avant l’arrivée de Jammeh. En fait, il y avait beaucoup de secrets et les gens ne parlaient pas.

Nous avons entendu à la Commission vérité (TRRC) que d’autres membres de l’appareil judiciaire ont décidé de partir parce qu’ils pensaient ne pas pouvoir servir ce régime qui violait les droits de l’homme. Pourquoi n’êtes-vous pas partie ?

Il faut préciser où je me trouvais à chaque moment. Lorsque j’étais directrice adjointe du parquet, il y a eu la manifestation de 1995 et des gens ont été arrêtés. On m’a donné le dossier et j’ai porté l’affaire devant le tribunal. Quand j’ai vu que je n’avais pas de preuves pour poursuivre, je suis retournée voir mes supérieurs et j’ai recommandé que cette affaire soit classée. Et c’est ce qui a été fait.

Comme vous le savez, deux personnes accusées dans cette affaire de 1995 ont témoigné devant la TRRC et ont affirmé avoir été torturées, battues, ne pas avoir eu accès à un avocat – comme il ressort également de comptes rendus des médias de l’époque. La juge de l’époque a reconnu leurs souffrances et ces deux victimes disent que vous ne les avez pas protégées.

C’est faux. C’est complètement faux. C’est fait pour me discréditer.

Vous n’étiez pas au courant des abus qu’ils ont subis ? Je ne savais pas. »

Qu’est-ce qui est faux : que cela ne s’est pas produit ou que vous n’étiez pas au courant des abus qu’ils ont subis ?

Je ne savais pas. Je n’en avais pas connaissance. Qu’est-ce que j’étais censée faire ? Lorsqu’il y a des allégations, il y a un procès dans le procès, un processus légal visant à vérifier si ce qui a été dit est vrai ou non. Et nous sommes passés par ce processus.

Pensez-vous que ce qu’ils disent leur être arrivé n’est pas la vérité ?

Non, non, absolument pas ! Avec tout ce que nous avons entendu sur ce qui s’est passé, je ne peux évidemment pas dire cela. Je ne le nie pas du tout. Ce que je dis, c’est que je n’étais pas au courant de ce qui s’était passé, je n’étais pas de mèche avec ceux qui les ont torturés.

Et les longues détentions, l’absence d’avocat, vous ne saviez pas ?

Je n’étais pas au courant. J’ai traité cette affaire. Il y a un autre dossier que j’ai traité et dans lequel j’ai également demandé un non-lieu parce que je pensais que le dossier était vide. Ces choses ne peuvent pas être sorties de leur contexte aujourd’hui. Nous ne pouvons pas utiliser les circonstances d’aujourd’hui et les appliquer à l’époque où ces faits se sont produits.

J’ai reçu des ordres, on m’a confié des dossiers, je suis allée au tribunal et je les ai portés, comme je le fais toujours. »

Comprenez-vous que les victimes l’aient perçu différemment ?

Eh bien, ce que je peux dire pour eux maintenant, c’est qu’à l’époque ce n’était pas mon seul dossier, ce n’était pas mon premier dossier, il se trouve que j’étais la directrice adjointe du ministère public, j’ai reçu des ordres, on m’a confié des dossiers, je suis allée au tribunal et je les ai portés, comme je le fais toujours.

Vous avez donc suivi les ordres ?

Je me suis conformée au fait qu’on m’avait demandé d’y aller et si, à ce moment-là, il était de notoriété publique que la torture était pratiquée, je serais retournée [auprès de mes supérieurs].

En votre qualité de conseillère de Jammeh à l’époque, vous n’avez jamais eu à lui déconseiller de mauvaises lois et politiques ?

Comme quoi ? Il faut regarder l’époque. C’était un coup d’État et, à l’époque, tout ce que les Gambiens croyaient, c’était ce qu’on nous disait, parce que les choses se passaient dans les casernes. Ils disaient : ces gens nous ont attaqués, nous nous sommes défendus et des gens sont morts. C’était ça l’histoire.

Et vous n’aviez aucune raison de remettre cela en question ?

Je me souviens qu’à un moment, lors du meurtre d’un des soldats, j’ai dit à l’inspecteur général de la police et au ministre de l’Intérieur qu’ils devaient ouvrir un dossier et expliquer exactement ce qui s’était passé avec le meurtre de cet homme. C’étaient mes instructions. À cette époque, j’étais procureure générale.

Entre 1994 et 2000, je n’ai jamais vu personne qui ait décidé de partir parce qu’elle n’aimait pas ce que le gouvernement faisait. »

Comment expliquez-vous que certains de vos collègues aient décidé de partir ?

Je n’ai pas connaissance de ces collègues de la magistrature ayant décidé de partir. Entre 1994 et 2000, je n’ai jamais vu personne qui ait décidé de partir parce qu’elle n’aimait pas ce que le gouvernement faisait. Reprenez les archives et montrez-moi une personne qui n’a pas été renvoyée mais qui a décidé de partir. Personne n’est parti parce qu’à l’époque, nous étions simplement dans l’incertitude.

Quand avez-vous pris conscience des graves violations des droits de l’homme commises sous le régime de Jammeh ?

J’en ai pris conscience lorsque j’étais au TPIR [Tribunal pénal international pour le Rwanda, un tribunal des Nations unies établi à Arusha, en Tanzanie]. C’était donc en 2002. Plus tard, j’ai entendu parler du meurtre d’un journaliste, j’ai entendu parler de beaucoup d’autres choses qui se passaient, mais c’est la première fois que j’ai pris conscience que ces choses se passaient en Gambie. Si les gens sont honnêtes, ils vous diront que si ces choses se sont passées, elles ont été très discrètes. Très, très discrètes.

Et quelle a été votre réaction quand vous l’avez appris ?

Bien sûr, j’ai déploré la situation. Mais je n’étais plus en mesure de dire ou de faire quoi que ce soit. Je servais une autre institution et je ne pensais pas que je devais être vue comme interférant avec ce qui se passait dans mon pays.

C’est une autre question que les gens posent : pourquoi n’avez-vous jamais rien dit contre le régime alors que tout le monde savait que c’était un régime violent ?

Mais où me trouvais-je ? Je suis partie et je suis allée au TPIR. Vous devez vous demander pourquoi Jammeh a décidé de me renvoyer. J’ai été renvoyée.

Pourquoi ?

Je ne veux pas m’étendre sur ce sujet.

Pourquoi pas ?

Selon lui, je ne faisais pas ce qu’il voulait que je fasse.

Et c’était quoi ce qu’il voulait ?

Je ne veux pas parler de ça maintenant. Mais telle en est la raison. Lorsque Jammeh m’a renvoyée, il pensait que je ne travaillais pas dans son intérêt.

Comprenez-vous que les gens vous critiquent parce que vous n’avez jamais dit un mot contre le régime ?

Vous devez le voir dans son contexte. Quand me serais-je exprimée ?

Lorsqu’on vous a posé la question, y compris en 2016 lorsque vous avez été interviewée à la télévision par Tim Sebastian et que vous avez refusé de répondre.

Oui, parce qu’à l’époque, je sentais que j’avais la responsabilité de protéger ma famille et ceux qui dépendent de moi. Et je savais qu’à l’époque, nous étions tous désespérés, dans le sens où aucune protection n’était offerte aux victimes de Yahya Jammeh. Je ne voulais pas exposer ma famille.

Y a-t-il quelque chose que vous souhaitez dire aujourd’hui que vous n’avez jamais dit à ce sujet ?

Ce qui s’est passé est terrible. Et je pense qu’il est important de commencer à le documenter depuis le début.

C’était le gouvernement en place. Si je voulais continuer à servir mon peuple, je servais dans ce gouvernement. C’est pourquoi je suis restée. »

Ressentez-vous quelque chose de personnel lorsque vous pensez au fait que vous avez servi ce régime ?

Encore une fois, je reviens à ma propre conviction, à savoir que j’ai servi mon peuple. C’était le gouvernement en place. Si je voulais continuer à servir mon peuple, je servais dans ce gouvernement. C’est pourquoi je suis restée.

Je continue à dire que si nous savions ce que nous savons aujourd’hui, tout ce qui a été révélé, les choses seraient différentes.

Essa Faal a dit qu’il n’avait pas besoin de vous appeler à témoigner devant la TRRC car il n’y avait rien contre vous. Il a également dit : « Chacun d’entre nous a contribué. Personne n’a rien dit. Et cela a encouragé le dictateur. » Êtes-vous d’accord avec cela ?

Peut-être aurions-nous dû en dire plus, mais encore une fois, aujourd’hui, c’est facile de le dire. Il fut un temps où cet homme [Yahya Jammeh] avait vraiment instillé la peur chez tout le monde. Nous avons accouru pour servir ce gouvernement parce que nous nous sommes dit : voici le changement. C’est ainsi que nous avons tous commencé. Et beaucoup d’entre nous aujourd’hui, beaucoup d’avocats chevronnés qui sont là, ont servi ce gouvernement. Nous pensions que nous allions améliorer les choses. Même lorsque j’étais procureure générale, j’étais l’une des seules à affronter Yahya Jammeh et à lui dire la vérité. Je pense qu’à la fin, il en a eu assez et c’est pourquoi il m’a renvoyée.

Un certain nombre de vos anciens collègues de la magistrature sont allés témoigner devant la TRRC. Pourquoi ne l’avez-vous pas fait ?

Premièrement, la position que j’occupais [en tant que procureure de la CPI] ne me permettait pas d’y aller. Deuxièmement, je n’avais rien à dire à la commission. Rien. Toutes les accusations et les histoires déformées qu’ils ont racontées [à mon sujet], la commission a été trompée. Pourquoi devrais-je me porter volontaire pour le dire ? Ils m’ont fait du tort, je ne leur en ai pas fait.

Les victimes aussi ont subi des torts, vous ne trouvez pas ?

Pas à cause de moi. Quand j’ai vu que cette affaire ne devait pas être poursuivie, je l’ai recommandé et nous avons clos le dossier. C’est ce qu’ils auraient dû dire.

Ce que je vois, c’est qu’il y a un groupe de personnes qui, pour une raison ou une autre, veulent me discréditer en tant que procureure de la CPI. »

Mais vous reconnaissez que ce sont des victimes ?

Ce sont des victimes, mais pas des crimes de la CPI. Ce que je vois, c’est qu’il y a un groupe de personnes qui, pour une raison ou une autre, veulent me discréditer en tant que procureure de la CPI, ils ont concocté une histoire et ont essayé de dire que je savais les mauvaises choses qui s’étaient passées, car celui qui a un mauvais nom est à moitié pendu. C’est très injuste.

Compte tenu de toutes les fonctions que vous avez occupé à l’époque, n’est-il pas légitime que les gens veuillent vous entendre ?

Non, je ne le pense pas. Il y avait de nombreux ministres de la Justice. On m’a visée en raison de ma position de procureure de la CPI.

Avez-vous des regrets sur cette époque ?

Je ne regretterai jamais d’avoir servi mon peuple. Parce que c’est ce que je suis. Ce que je regrette, c’est le fait que peut-être la plupart d’entre nous ont cru sincèrement – cru sincèrement – que ce régime avait à cœur les intérêts du peuple gambien, et que ce régime allait améliorer les choses pour nous. Bien sûr, après un certain temps, nous avons su que ce n’était pas le cas.

Aujourd’hui, comment qualifieriez-vous le régime de Jammeh ?

Mauvais. C’est un mauvais régime. Les premières années, l’impression qui était donnée était qu’ils étaient venus pour sauver la Gambie. Ce n’était pas vrai et on voit que leurs mauvaises actions n’ont cessé de s’aggraver au fil des ans jusqu’à ce que ce soit vraiment mauvais, en 2014-2016. C’est devenu pourri jusqu’à la moelle, je ne le nie pas. Pourri jusqu’à la moelle.