Sans information, pas de réconciliation

Les Maliens attendent tant de leur futur président

©@Mali BuzzSiège du secrétariat général du gouvernement malien à Bamako
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La bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la sécurité et la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation, l’éducation, la santé, etc. Les Maliens attendent beaucoup du futur président de la République. Alors que le second tour de la présidentielle est attendue dans quelques jours, plusieurs observateurs pensent que le futur président n’aura pas la tâche facile, tant les besoins et les attentes des populations sont immenses, rapporte Studio Tamani.

Quels sont les défis et les priorités du futur président de la République du Mali ? La question suscite des débats et des commentaires au sein des populations et du monde universitaire. Si les priorités diffèrent selon les orientations, la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, la sécurité, l’éducation ou encore la santé, attirent tant les attentions des populations. Elles attendent beaucoup du nouveau président. Selon certains observateurs, la population a besoin d’être satisfaite sur ces différends points. Mais la priorité des priorités reste la lutte contre la corruption, comme l’explique le juriste Diachari Poudiougo, chargé de cours à l'Université de Bamako. Selon lui, « la corruption a gagné tous les secteurs, que ça soit la famille, l’école, le travail, la gouvernance, tous les secteurs ont été frappés par la corruption ». Face à cette situation, l’universitaire malien recommande « une nouvelle mentalité pour que le Malien se mette au travail ». « Le président malien qui peut faire sortir le pays de ce bourbier doit être un homme extrêmement cultivé, audacieux, droit et juste, un homme qui n’est pas corrompu un patriote », estime Diachari Poudiougou.

Si certains partagent cet avis, d’autres pensent que la lutte contre la corruption n’est pas à l’origine du mal. Selon eux, « il faut plutôt sortir de la domination internationale pour pouvoir se développer ». C’est du moins l’avis d’Issa N'diaye, politologue. « Ce sont les multinationales étrangères qui profitent de nos richesses nationales. Nos pays n’en profitent pas. Je pense que ce qui nous manque essentiellement, c’est des dirigeants assez patriotes. Il faut dire que ce ne sont pas seulement des dirigeants, ce sont aussi les Maliens qui sont peu patriotes. Les Maliens n’aiment pas leur pays », affirme ce politologue, pour qui la culture du patriotisme doit être une priorité dans l’éducation.

Abdoulaye Niang, un autre universitaire, exhorte le futur président à se mettre à l’écoute en vue de sortir le pays de la crise actuelle. « Aujourd’hui, la priorité des priorités du président du point de vue sécuritaire, c’est d’organiser une Conférence sur le développement et la sécurité et sortir une vision partagée à un niveau qui amène la stabilité, la paix et la sécurité entre tout le monde », estime Abdoulaye Niang. Pour lui, les membres du monde académique doivent désormais être considérés comme « de véritables partenaires » dont la contribution est indispensable.

Pendant que le débat se poursuit sur les défis qui attendent le futur chef de l’Etat malien, 18 candidats sur 24 dénoncent « des irrégularités et des fraudes massives » lors du premier tour du 29 juillet et rejettent les résultats provisoires.

L’accord de paix signé en 2015 par le gouvernement malien et des mouvements armés, parmi lesquels les groupes indépendantistes de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) a été au centre de la campagne électorale. L’accord prévoit des mécanismes de justice transitionnelle pour faire la lumière sur les crimes perpétrés durant la crise au Mali, surtout depuis 2012, année au cours de laquelle le nord du pays était passé entre les mains de jihadistes et de rebelles indépendantistes.

 

 

 

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